Le billet d'humeur de Jacques Chirat (FICG) : un défi d'exception...

Jacques Chirat est président de la FICG, la Fédération (française) de l'Imprimerie et de la Communication Graphique.

Depuis l’élargissement de l’Union Européenne à l’Est, les craintes de délocalisation se sont intensifiées. Depuis l’émergence d’un pôle économique asiatique, un débat déjà ancien sur les mutations industrielles et la désindustrialisation a été ravivé. Chaque jour apporte son lot d’événements, d’informations, d’études sur ce sujet, visant à faire prendre conscience de la portée de ce phénomène qui après avoir touché l’industrie, touche les services et peut demain concerner les produits culturels. C’est dans ce contexte que la FICG a souhaité prendre la mesure d’un défi qui est déjà à nos portes. L’économie du livre présente une spécificité qui tient à la singularité de ses produits et à la diversité de l’offre éditoriale qui est une garantie de liberté. Le livre est-il un produit banal ? Le modèle éditeur/imprimeur est-il banalisable ? L’analyse des données statistiques des flux éditoriaux apporte-t-elle une réponse cohérente à nos interrogations et à nos peurs ? Comme dans d’autres secteurs, la force d’une chaîne se mesure à la résistance de son maillon le plus faible. Si l’on n’y prend garde, ce maillon qui est aujourd’hui celui de la production matérielle, peut demain s’étendre à l’immatérielle en touchant les éditeurs. La force de l’industrie du livre tient à la réactivité exemplaire des professionnels de l’impression et de la finition qui ont su au fil du temps, devenir des architectes de solutions techniques redonnant ainsi une seconde vie à des éditions oubliées, offrant de l’oxygène à des lignes éditoriales par une innovation constante sur le plan du papier, des couvertures et des formats. Lourde serait la responsabilité des acteurs de cette famille économique si elle ne relevait pas le défi, à la lumière des constats que nous établissons dans notre revue, du développement et de la préservation de nos équilibres qui fédèrent diffusion de la pensée, transmission des savoirs et fixation des savoir-faire. Le devenir de notre « exception culturelle » en dépend.

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