Social : après le lock-out, les papetiers scandinaves parlent de délocalisations en Amérique du Sud

Décidément, l'image que l'on se fait des relations sociales en Europe du Nord n'est plus au goût du jour. De quoi méditer pour les partenaires sociaux français, belges et suisses...

Le conflit qui oppose depuis des mois les syndicats et le patronat finlandais de l'industrie papetière (Stora Enso, UPM et M-real) n'en finit donc pas. A l'origine de ce conflit, la volonté des papetiers de modifier l'organisation du travail, par l'abandon de 2 jours d'arrêt obligatoire des machines (les 25 Décembre et 24 Juin) et l'externalisation des travaux de maintenance de ces mêmes machines. Afin de faire plier leurs d'employés, le patronat finlandais a donc opté il y a un mois pour une pratique qui provoquerait à n'en pas douter, certaines crises d'urticaire dans nos contrées conservatrices : le lock-out. A savoir la fermeture pure et simple des usines. Sans succès jusqu'ici mais en pariant sur l'épuisement du bas de laine des ouvriers juste avant la période des congés annuels. Dans ce bras de fer sans précédent, la dernière arme brandie par les papetiers est plus classique mais non moins brutale : les délocalisations. Des informations circulent en effet depuis quelques semaines sur la volonté des industriels scandinaves de redéployer leur production de pâte à papier en Amérique du Sud, notamment au Brésil, en partant d'un constat simple : on y produit en effet près de 50m3 de bois par an à l'hectare contre à peine 5m3 en Europe. Ce désavantage conjugué à l'écart de niveau de vie entrainerait un écart de coût de production de la tonne de pâte en très nette défaveur pour l'ancien continent. Selon notre confrère britannique the Financial Times, la tonne de pâte brésilienne reviendrait à 98 euros, contre 263 en Amérique du Nord et... 331 euros en Europe. A ces fins, Stora Enso devrait annoncer la construction d'une seconde usine à papier dans l'Etat de Bahia (Brésil) afin d'y produire de la pâte à partir d'eucalyptus. Une pâte qui, malgré les coûts de transport, reviendrait nettement moins cher à commercialiser. Une mauvaise nouvelle pour les salariés scandinaves, pour le surcroît de consommation énergétique engendré et pour la production mondiale de CO2...

Plus d'articles sur les chaînes :

Réagir à cet article :
Ajouter un commentaire...