"Le papier imprimé est écologique" déclare le président du GMI

GraphiLine rediffuse in extenco l'allocution de M. Charles MÉNORET, président du GMI, au Ministère de l’Ecologie et du Développement Durable le Jeudi 24 Novembre 2004.

La chaîne graphique est une branche industrielle soucieuse de l’écologie qui s’inscrit dans une grande politique environnementale responsable.

Contrairement aux idées fausses tenues pour vraies, le papier ne pollue pas ; le papier ne détruit pas la forêt.

La réalité : la chaîne de forêt - bois - papier et les organisations professionnelles ont mis tous leurs efforts en un vaste programme de gestion de forêt durable.

Le papier est constitué de 37 % de bois, 48 % de papier de récupération et 15 % de charges et autres matières fibreuses.

1 - « Nous préservons la forêt »

En un siècle la forêt française a doublé de surface et atteint aujourd’hui 15 millions d’hectares, soit plus d’un quart du territoire ; grâce aux efforts forestiers, elle retrouve la place qu’elle occupait à la fin du Moyen-Âge.

La Profession est à la pointe avec son Centre de Recherche, le CERIG, installé à l’École d’Ingénieurs de la Papeterie et de l’Imprimerie à Grenoble (EFPG). Le CERIG centralise la veille et la recherche appliquée dans la chimie organique papetière et a permis de définir la biodiversité nécessaire à la gestion de la forêt.

Il s’ensuit que chaque année, la superficie couverte par les forêts augmente encore plus, soit 20.000 ha par an. Avec 140 variétés différentes d’arbres, les forêts françaises comptent parmi les plus écologiques d’Europe.

La gestion forestière encourage le renouvellement constant et assure la multi-fonctionnalité. De façon très pratique il est possible de planifier les moissons, régénération, équipements… et l’éclaircissement constitue une opportunité économique par l’utilisation du bois et s’avère écologiquement salutaire (biodiversité, gestion de l’eau, santé de la forêt…).

Car le bois utilisé par l’industrie papetière est constitué à 70 % de bois rond (bois d’éclaircie, cimes…) et à 30 % de déchets connexes de scierie. Il s’agit pour 61 % de bois de résineux et 39 % de feuilles. Ce bois utilisé est à 93 % d’origine française.

Tout ce travail a permis aussi de classer en forêt de protection 80.000 ha dans 28 départements et la totalité des réserves biologiques est de 157.000 ha dont 24 réserves biologiques intégrales (qui excluent l’intervention humaine).

2 - « Nous recyclons les papiers et cartons »

48 % de la matière du papier est constituée de papiers et cartons récupérés. En 2004, l’industrie papetière française a consommé 8,9 millions de tonnes de bois et 5,9 millions de tonnes de papiers et cartons récupérés.

Le taux d’utilisation des papiers et cartons récupérés par l’industrie papetière française est de 58 % en 2004. Ce chiffre place cette industrie au premier rang du recyclage en France.

L’ensemble de la Profession de la Papeterie et de l’Imprimerie a proposé de recycler la totalité des papiers et cartons qui lui seraient présentée par la récupération. Cette démarche volontaire, responsable, s’inscrit dans le cadre de la gestion des déchets.

La consommation française de papier se répartit pour 45 % en emballage et conditionnement, 45 % en usages graphiques et de presse, 7 % en hygiène et 3 % autres.

Ce qui veut dire que 9 millions de tonnes de papier produit en France présentent une importante source de récupération.

Alors que la consommation apparente de papier s’accroît en moyenne de 1,3 % par an en France pour une consommation annuelle et par habitant de 180 kg, la consommation mondiale croît quant à elle de 3 % et la consommation per capita aux Etats-Unis est de 301 kg.

La consommation française de papier a été 10,9 millions de tonnes en 2003, soit 3,2 % de la consommation mondiale.

Concrètement la France pour maintenir une position digne de ce nom, verra sa consommation de papier augmenter de façon considérable et les Pouvoirs Publics devront plus que jamais travailler dans un étroit partenariat avec les Professionnels. Cette seule gestion responsable est importante pour l’ensemble de la chaîne graphique et en particulier pour ses 150.000 emplois concernés directement et les 150 000 autres emplois de la filière .

« Nous préservons la Planète »

Les Industries Graphiques et la Papeterie utilisent un outil d’évaluation, les ACV (analyses de cycle de vie) qui permet d’évaluer de manière scientifique et objective les impacts potentiels des produits sur l’environnement en considérant la totalité du cycle de leurs vies. Le recours à ces méthodes dont la conduite est normalisée évite toute dérive dans l’interprétation et permet d’établir des écobilans ainsi que de concevoir de nouveaux papiers, nouvelles encres, etc…

Dans cette logique scientifique 12 pays européens regroupant 35 partenaires dont 25 universités et centres de recherche ainsi que 10 industriels se sont associés dans un grand projet de recherche européen : « SUSTAIN PACK ». L’objectif scientifique et technique est de développer des emballages innovants à base de fibres cellulosiques associées à d’autres matériaux renouvelables.

L’EFPG pour la France est chargée de développer des emballages 3 D à base de fibres cellulosiques et de polymères renouvelables qui pourraient remplacer aussi certains calages produits à partir de polymères non renouvelables comme le polystyrène expansé. La préparation des matériaux composites à partir de fibres nécessite de modifier ces dernières. À ce jour, plusieurs voies sont en cours de test : modifications chimiques, modifications physico-chimiques et utilisation de nanoparticules organiques, comme les micro fibrilles de cellulose, ou encore minérales.

Depuis 10 ans le Laboratoire Génie des Procédés Papetiers (LGP2) de l’EFPG travaille à la modification chimique de surface des fibres afin de les incorporer dans des composites.

Rappelons que l’EFPG est spécialisée dans différentes techniques comme le greffage chimique direct avec la condensation des groupements OH de la cellulose, l’utilisation d’agents de greffage et la condensation d’agents organométalliques.

C’est cette grande compétence française qui a valu à la France d’être retenue pour coordonner l’ensemble des activités « emballages composites 3D ».

Parallèlement, les Pays-Bas ont pour objectif de développer et appliquer différentes techniques, dans le cadre du développement durable, pour faire communiquer les emballages (effets d’image, identification et traçabilité, lutte contre la contrefaçon, etc…).

Chacun des pays apportant sa compétence en intégrant les besoins des consommateurs finaux et toute la chaîne de production ainsi que les aspects environnementaux et de durabilité.

Charles MÉNORET Président du GMI

Plus d'articles sur les chaînes :

Réagir à cet article :
Ajouter un commentaire...