Presse : les vraies raisons de la vente d'Emap France

Depuis l'annonce de la cession de sa branche française par le groupe de presse britannique Emap, une question se pose : pourquoi céder une activité rentable et solidement implantée sur un marché aussi dynamique que celui de la presse magazine en France ?

A bien lire le communiqué de presse officiel diffusé par Emap, "les résultats d'Emap France sont jusqu'à aujourd'hui en ligne avec les prévisions et continuent à être fortement générateurs de cash". La filiale française d'Emap représente en effet près d'un tiers de l'activité du groupe (30%), pour 23% de ses profits. Sa part de marché en termes de diffusion est de 12%, juste derrière Prisma (Bertelsmann) 13% et HFM 16%. Dans ce contexte, la phrase de Tom Moloney, président d''Emap qui conclut son communiqué par "si nous avons soutenu la croissance (d'Emap France - ndlr) nous nous préparons à en retirer aujourd'hui les bénéfices" a surtout soulevé des interrogations et conduit les analystes financiers à essayer de comprendre, ce qui motivait le groupe britannique à se replier sur son île. Et à y regarder de plus près, si Emap génère effectivement 325 millions d'euros de profits pour 1,5 milliard de chiffre d'affaires, les comptes du groupe sont cependant littéralement plombés par son pôle radio. Un pôle qui pâtit de la chute du marché publicitaire outre-Manche, ce qui est d'autant plus dangeureux pour Emap que le groupe se positionne comme le deuxième opérateur radio de Grande-Bretagne. Dans ce contexte, les 550 millions d'euros attendus de la cession du pôle français seront sans aucun doute les bienvenus, sachant que cette opération ne pourra pas se renouveler, ce qui devrait conduire Emap à restructurer lourdement son activité radio.

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