Livre : la première sélection officielle du Goncourt 2006 enfin dévoilée

L'Académie Goncourt à publié, mardi dernier, la première sélection d'ouvrages pour le prix qui sera décerné le 6 Novembre prochain.  Les deuxième et troisième sélections devraient être connues les 3 et 24 octobre prochains.

  • Stéphane Audeguy : "Fils unique" (Gallimard)
  • Antoine Audouard : "Un pont d'oiseaux" (Gallimard)
  • Christophe Bataille : "Quartier général du bruit" (Grasset)
  • Jean-Eric Boulin : "Supplément au roman national" (Stock)
  • Alain Fleischer : "L'Amant en culottes courtes" (Seuil)
  • Nancy Huston : "Lignes de faille" (Actes Sud)
  • Gilles Lapouge : "Le Bois des amoureux" (Albin Michel)
  • Camille Laurens : "Ni toi ni moi" (P.O.L.)
  • Jonathan Littell : "Les Bienveillantes" (Gallimard)
  • Léonora Miano : "Contour du jour qui vient" (Plon)
  • Amélie Nothomb : "Journal d'hirondelle" (Albin Michel)
  • Olivier et Patrick Poivre d'Arvor : "Disparaître" (Gallimard)
  • Michel Schneider : "Marilyn dernières séances" (Grasset)
  • François Vallejo : "Ouest" (Vivianne Hamy)

L'Académie Goncourt -dont la vraie dénomination est «Société littéraire des Goncourt»- s'est réunie pour la première fois le 7 avril 1900 chez Léon Hennique, 11 rue Descamps, à Passy. D'après le procès-verbal les «Dix» ne sont alors que sept: Joris-Karl Huysmans, Octave Mirbeau, Rosny aîné et Rosny jeune, Léon Hennique, Paul Margueritte, Gustave Geffroy. Pour compléter l'assemblée, ils éliront Léon Daudet, en remplacement de son père Alphonse, Elémir Bourges et Lucien Descaves. Il y eut une autre réunion privée le 9 février 1903, cette fois au domicile de Huysmans, 60 rue de Babylone, pour discuter des statuts après la reconnaissance officielle de l'Académie par un décret du président du Conseil Emiles Combes daté du 19 janvier 1903.
                 
Après la disparition d'Edmond de Goncourt en 1896, une véritable bataille juridique avait opposé la famille Huot de Goncourt aux fondateurs de l'Académie. Me Chenue, l'avocat de la famille, plaidera en qualifiant l'idée d'Edmond «d'oeuvre stérile d'un révolté appelée à devenir dans l'Armée des Lettres une institution qui tiendrait d'un côté de l'Ecole des Enfants de Troupe et de l'autre du Palais des Invalides». Défendus par un jeune avocat Raymond Poincaré qui sera élu en 1909 à l'Académie française et en 1913 à la présidence de la Troisième République, les fidèles d'Edmond de Goncourt seront reconnus dans leur droit, au terme des procédures, le 1er mars 1900.

Les fameux dîners mensuels réunissant «les Dix», une expression utilisée par Jules Vallès dans un article d'ailleurs hostile à la fondation de l'Académie, peuvent enfin avoir lieu. Le premier se déroulera le 26 février 1903 dans un «salon pour noces» du Grand Hôtel, près de l'Opéra, où le célèbre Escoffier règne dans les cuisines.

C'est le 31 octobre 1914 qu'eut lieu la première réunion de l'Académie Goncourt chez Drouant. Le restaurant de la place Gaillon, au coeur de Paris, non loin de l'Opéra, était fréquenté dans les dernières années de sa vie par Edmond de Goncourt qui était souvent accompagné de Lucien Descaves.

Lorsque l'Académie dut choisir une nouvelle table après la fermeture du Café de Paris qu'elle avait fréquenté pendant onze ans, Drouant devint le nouveau lieu de rendez-vous des «Dix» qui apprécient la bonne chère. Le premier mardi de chaque mois, sauf en été, les académiciens se retrouvent à déjeuner dans le salon Goncourt du premier étage. La cuisine est excellente. «Est-ce cela qu'on appelle la cuisine des prix littéraires?» demande en souriant Robert Sabatier.

Le salon Goncourt voisine avec le salon du jury Renaudot qui décerne traditionnellement son prix le même jour et à la même heure que les «Dix», au début du mois de novembre.
 

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