Faits divers : 40 millions d'euros pour de faux encarts publicitaires

Sale coup pour la presse papier : une vraie société vendait de faux encarts. Une agence de communication indélicate et une imprimeire complice mises en cause.

 

Après des mois d'enquête, la société marseillaise VGA Presse et Communication a dû mettre fin à ses activités pour escroquerie à la publicité.

Plusieurs milliers de commerçants auraient été victimes de son gérant, Jean-Christophe Marcellin.

Selon le parquet de Marseille, «Il s'agit d'une escroquerie classique. Les démarcheurs promettaient à leurs clients des diffusions colossales dans des magazines de prestige, alors qu'il s'agissait en réalité de faibles tirages dans des revues confidentielles». Les tarifs des encarts allaient de 500 à 20 000 euros, de quoi faire rêver certains titres établis ! Dotée d'un sens commercial débridé, VGA vendait en outre jusqu'à 10 fois plus d'emplacements publicitaires qu'il y en avait de disponibles, pratiquant un surbooking auquel les compagnies aériennes n'oseraient rêver.

Pour les annonceurs les plus sceptiques, VGA avait élaboré une parade qui laisse sans voix mais qui ravira les promoteurs de l'impression numérique à la demande : l'imprimeur complice insérait la publicité de la victime dans un magazine tiré à l'unité. Du grand art...

Tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes pour VGA, jusqu'à ce qu'un commerçant d'Arles, n'ayant pas retrouvé son encart dans la revue départementale des pompiers des Bouches-du-Rhône, porte plainte pour escroquerie. Il faut dire que ledit encart lui avait coûté près de 10 000 euros et qu'il en attendait sans doute un retour sur investissement immédiat, promesse rapide d'un commercial aigrefin, vite disparu son forfait commis.  

Vu l'ampleur de la somme en question, une enquête fut immédiatement ouverte et 1200 victimes potentielles interrogées.

Au final, il se pourrait que près de 50 000 "entreprises" aient été victimes des pratiques de VGA, ce qui représenterait l'une des plus importantes arnaques jamais commises en France, sachant que le dossier pourrait franchir nos frontières : entrepreneur dans l'âme, Jean-Christophe Marcellin avait en effet monté une structure en Suisse. Sous la charmante et inoffensive dénomination sociale des 'Editions du Rhône".

 

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