Stora Enso bloque le projet de reprise de deux de ses machines de Corbehem par Green Recovery

L'accord négocié dans la nuit de vendredi à samedi par le directeur du site promis à une fermeture partielle et le duo Green Recovery-Salariés, a été remis en cause par le groupe Stora Enso soi même.

Le

C'est à n'y rien comprendre.

Samedi, l'ensemble des protagonistes du dossier affichaient une satisfaction non dissimulée : Stora Enso, via le directeur de son site de Corbehem, Green Recovery, le repreneur et les salariés.

Las, les voies du capitalisme peuvent être impénétrables  ou tortueuses.  Dans ce cas là, peu visibles .

Nous avons appris hier que la direction du groupe papetier finlandais remettait en cause cet accord.

Retour en arrière.

Confronté à la hausse de ses coûts de production en Europe occidentale, à une rentabilité jugée insuffisante et à un mouvement social très dur en Finlande, Stora Enso a mis en place un plan de réorganisation qui privilégie l'Amérique du Sud et notamment ses activités au Brésil, mais aussi la Chine et la Russie. Ce plan prévoit la fermeture ou la vente de 6 sites de production dans les pays à forte masse salariale : Finlande, Suède, Allemagne, France...

En France justement, l'usine nordiste de Corbehem doit voir deux de ses trois machines à papier stoppées, compromettant près de 280 emplois.

Après des mois de négociation, un repreneur, Green Recovery, appuyé par l'association des salariés (LGPS) du site propose de reprendre ces deux machines, de sauvegarder les 280 postes menacés et de se lancer dans la producton de papiers de spécialité typés "écologiques" à base notamment de chanvre. Le nom d'un grand de la distribution papetière est alors cité par d'aucuns comme acceptant de commercialiser cette future production.

Les négociations vont alors bon train et le week-end dernier, alors que les 280 futurs ex-salariés de Stora reçoivent leurs premières lettres de licenciement, un accord est signé en présence du préfet au terme duquel Stora Enso cède ses deux machines pour un prix tenu secret à Green Recovery.

Que s'est-il alors passé entre la signature de l'accord et le 13, date à laquelle la direction de Stora a fait savoir qu'elle bloquait le projet ? Mystère. Le prix des machines, qui aurait été fixé en dessous de leur valeur comptable pose t-il problème ? Dans son gigantesque meccano industriel, le papetier considère t-il désormais plus intéressant d'utiliser ces machines pour équiper ses sites des pays émergeants ?

En absence de toute communication du groupe papetier et alors que les 280 salariés de Corbehem ont de nouveau installé un piquet de grève devant "leur" ancienne usine, nous ne pouvons qu'en rester aux conjectures.

Dossier à suivre...

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