Dossier Impression Couleurs Weber : le communiqué du syndicat Comédia

GraphiLine rediffuse in extenso le communiqué de presse du syndicat Comédia.

Impression couleurs Weber à Brügg: les négociations ont échoué

La direction menace de prononcer d'autres licenciements

Les négociations entre la direction et la commission d'entreprise accompagnée du syndicat comedia ont échoué. La direction n'est pas entrée en matière sur le compromis proposé par le personnel qui avait donné son accord à d'importants sacrifices. Elle a annoncé qu'elle examinerait d'autres mesures pour atteindre son objectif, notamment par le biais de licenciements supplémentaires.

L'imprimerie Impression couleurs Weber, un fleuron de l'industrie biennoise, vit actuellement une période très agitée. Son propriétaire, le groupe français Partenaire Livres l'avait achetée en 1999, et revendue en 2006 avec ses entreprises soeurs Gravor et Actual à un groupe financier allemand, Arques, spécialisé dans l'assainissement d'entreprises en difficultés financières. Ce groupe est actif dans tous les domaines industriels et notamment dans l'imprimerie. Durant les deux dernières années, Arques a ainsi acheté huit imprimeries principalement en Allemagne, mais aussi en France, en Autriche et en Suisse. Elles sont regroupées dans une société Arquana, filiale d'Arques, et occupent plus de 1000 salariés pour un chiffre d'affaires attendu de 220 millions d'euros.

Tout de suite après le rachat, le groupe a modifié la direction en installant un directeur général, M. Ulli Seibel, et en licenciant quelques personnes de la direction. Trois semaines après son entrée en fonction, le nouveau directeur annonçait des mesures de restructuration en licenciant sept ouvriers essentiellement employés dans la révision -- contrôle qualité -- et dans la maintenance. Il annonçait aussi qu'il attendait du personnel une participation aux mesures d'assainissement. Quelques semaines plus tard, il concrétisait sa proposition en demandant au personnel de renoncer à la moitié du 13ème salaire, de travailler 120 heures gratuitement par année, d'être plus flexible et de travailler 26 samedis par année. Le personnel est entré en matière et a accepté une flexibilisation accrue liée à la soumission au contrat collectif de travail de l'industrie graphique; il était prêt à travailler 17 samedis par année. Il permettait à l'entreprise d'économiser ainsi plusieurs centaines de milliers de francs. La direction a estimé que ces propositions étaient insuffisantes et a rejeté la proposition du personnel en précisant qu'elle devrait trouver d'autres moyens pour économiser 10% de la masse salariale. Ella a annoncé que les mesures qui seraient prises seraient douloureuses.

Le personnel s'est fortement mobilisé depuis plusieurs semaines : participation aux assemblées d'entreprise, pétition, action dans l'entreprise, adhésion massive au syndicat. Il a d'emblée contesté la rationalité des licenciements prévus et a d'ailleurs partiellement obtenu gain de cause puisque deux licenciements ont été réexaminés. Il refuse aussi la logique de la direction allemande qui veut faire payer aux salariés les erreurs de l'ancienne direction et les investissements à entreprendre. L'effort qu'il était disposé à fournir n'était pas mince, mais la direction l'a rejeté avec arrogance. La logique financière consistant à exploiter les salariés pour verser des dividendes aux actionnaires a atteint ses limites chez Weber mais aussi dans les autres imprimeries du groupe Arques. Les salariés ont démontré qu'ils ne vont pas se laisser faire et ont mandaté le syndicat comedia pour entreprendre des démarches afin de continuer à défendre au mieux leurs intérêts, en collaboration avec la commission d'entreprise. Il s'agit d'éviter un scénario tel que celui développé par Swissmetal à la Boillat.

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