PPWR : les fabricants d'étiquettes confrontés aux premières difficultés

Depuis l'entrée en application du PPWR le 12 août, les fabricants français d'étiquettes adhésives font face à une multiplication des demandes de conformité et des questionnaires clients. L'UNFEA relève surtout des incertitudes sur les responsabilités de chacun dans la chaîne.

Un peu plus d'un mois après l'entrée en application du règlement européen sur les emballages et déchets d'emballages (PPWR), les premières difficultés apparaissent dans la filière française de l'étiquette adhésive. Selon l'Union nationale des fabricants d'étiquettes adhésives (UNFEA), les fabricants rencontrent des problématiques comparables à celles déjà signalées par l'industrie de l'emballage en Allemagne : multiplication des demandes de conformité, questionnaires clients et difficultés à déterminer qui doit établir la déclaration UE de conformité.

"Entre les différences de compétences, de connaissances et d'approches, ce fameux PPWR est perçu différemment par tous les acteurs : donneurs d'ordres, fabricants d'étiquettes et fournisseurs", explique Pierre Forcade, délégué général de l'UNFEA. Cette situation entraîne "une lenteur pour sa mise en place et des erreurs commises, sur fond de stress et de pression des donneurs d'ordres sur les fabricants".

Les demandes de conformité se multiplient

Depuis le 12 août, l'UNFEA constate notamment une hausse des demandes de conformité et des questionnaires adressés par les donneurs d'ordres à leurs fournisseurs d'étiquettes.

Pour répondre à ces demandes, les fabricants d'étiquettes sollicitent à leur tour leurs propres fournisseurs afin d'obtenir des informations sur les différents composants utilisés : encres, adhésifs ou autres matériaux.

Le principal point de blocage concerne toutefois la répartition des responsabilités. "Tout le monde se renvoie la responsabilité d'établir une déclaration de conformité", constate Pierre Forcade.

L'organisation professionnelle relève ainsi "une incompréhension du rôle de chacun" et un manque de méthodes chez certains fabricants pour collecter les documents provenant de leurs fournisseurs puis les transmettre à leurs clients pour chaque commande.

Écoconception, matières recyclées, consigne : des règles encore mal maîtrisées

D'autres volets du PPWR restent également mal maîtrisés. L'UNFEA cite notamment les exigences d'écoconception, l'intégration de matières recyclées ou encore les questions liées aux adhésifs compatibles avec la consigne du verre.

À l'inverse, la situation apparaît plus claire concernant la présence éventuelle de PFAS. Selon l'UNFEA, les fournisseurs se sont bien préparés et les fabricants peuvent obtenir relativement facilement les documents correspondants.

Des ressources sur le PPWR centralisées par l'UNFEA

Face aux différentes interrogations, l'UNFEA a ouvert dès juillet un espace consacré au PPWR sur son site réservé aux adhérents, parallèlement aux informations concernant la REP des emballages professionnels. L'Union nationale des fabricants d'étiquettes adhésives prévoit désormais de reprendre contact individuellement avec ses membres afin d'identifier leurs difficultés.

Pour les questions liées au contact alimentaire, elle s'appuie sur le Comité français de l'emballage papier carton (COFEPAC) et pour les questions liées au contact alimentaire sur le Club MCAS et sur la FINAT au niveau européen. Certains fournisseurs, comme Avery Dennison, organisent également des webinaires pour accompagner les entreprises.

Pour Pierre Forcade, la situation devrait progressivement se clarifier : "Il va y avoir une montée en puissance de l'application du PPWR et une meilleure connaissance de qui fait quoi dans les mois à venir." L'UNFEA entend toutefois rester vigilante afin d'éviter que les incertitudes réglementaires n'alimentent les tensions entre fabricants et donneurs d'ordres.

Plus d'articles sur le thème