Ebra prévoit l'arrêt de deux lignes de rotatives et des réductions de postes

© Ebra Groupe

Le groupe de presse régionale prévoit l'arrêt de deux rotatives, des mesures qui font partie d'un vaste plan de réorganisation prévoyant jusqu'à 400 départs volontaires.

Le groupe de presse quotidienne régionale Ebra, propriété du Crédit Mutuel, prévoit de réduire ses capacités d'impression. Selon un communiqué du Syndicat national des journalistes (SNJ) daté du 8 octobre, une rotative doit être arrêtée à l'imprimerie des Dernières Nouvelles d'Alsace (DNA), située à Strasbourg, dans le Bas-Rhin qui assure également l'impression du quotidien L'Alsace et une autre au centre d'impression du Dauphiné libéré, à Veurey-Voroize, en Isère.

Ces mesures font partie du plan de réorganisation annoncé en juin par le groupe de presse régionale. Il concerne également les rédactions et les services chargés de la fabrication éditoriale des journaux. Ebra prévoit jusqu'à 400 départs volontaires sur un effectif d'environ 3 200 salariés.

Aux DNA, le SNJ fait état de 57 suppressions de postes, dont 22 journalistes, parallèlement à huit créations. Au Dauphiné libéré et à Vaucluse matin, 57 postes seraient également supprimés, dont 28 postes de journalistes.

Les services de secrétariat de rédaction, chargés notamment de la relecture, de la correction et de la mise en page, sont particulièrement touchés. Selon le syndicat, un tiers de ces postes doit être supprimé, tandis que le groupe prévoit d'automatiser davantage certaines tâches à l'aide de l'intelligence artificielle.

"La direction souhaite faire mieux avec moins : ce n'est ni tenable, ni réaliste", dénonce le SNJ, qui critique également "un déploiement à marche forcée, sans concertation avec les salariés". Le syndicat demande l'abandon du projet de mise en page automatique et une révision des conditions d'utilisation de l'IA.

Une grève dans les neuf quotidiens d'Ebra

Cette annonce a provoqué un mouvement de grève vendredi 9 octobre dans les neuf quotidiens régionaux du groupe. D'après le SNJ, le taux de participation a atteint 67 % dans l'ensemble des titres. Au Progrès, 113 journalistes ont cessé le travail, soit 82 % de la rédaction, rapporte Lyon Capitale.

Des rassemblements ont notamment eu lieu devant le siège du Crédit Mutuel à Strasbourg, ainsi qu'à Besançon, dans le Doubs, et à Dijon, en Côte-d'Or.

Interrogée par l'AFP, la direction d'Ebra assure qu'aucun départ ne sera imposé. Elle présente les outils d'IA comme une aide au travail des rédactions et non comme un moyen de remplacer les journalistes.

Le groupe subit la baisse de la diffusion papier et des recettes publicitaires. Ses ventes au numéro et ses abonnements ont été divisés par deux en dix ans. Sa perte opérationnelle a dépassé 10 millions d'euros en 2025.

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