Adieu H2D Lys, bonjour Roto Alba France !

L'imprimerie H2D Lys fermait mi-novembre. Liquidation judiciaire. 125 employés au chômage. Début mai, certains ex-employés sont rappelés afin de reprendre le travail.

L'imprimerie hélio du Nord, H2D Lys est bien définitivement fermée mais l’italien Roto Alba vient de racheter les machines et les ateliers. Désormais l'imprimerie de Nieppe se nomme Roto Alba France.

Des mois de négociations et de préparations ont été nécessaires à cette "reprise" qui finalise, en quelque sorte, l'offre d’achat proposée en novembre par Roto Alba, avant la mise en liquidation.
Pour Walter Da Rocha, délégué syndicat FO, c’était "un dossier très très complexe" : H2D Lys "c’était quasi une coquille vide : des bâtiments n’appartenaient pas à H2D Lys, les machines appartenaient aussi à un autre propriétaire... Rassembler tous les morceaux pour acquérir l’ensemble, ça a été très très compliqué."  Sans parler des prêts et financements difficiles à obtenir.

Finalement les machines et les ateliers ont été achetés auprès du liquidateur pour 170 000 euros TTC. Un montant "correct compte contenu de l’état des machines" d'après Walter Da Rocha. La région a aussi mis la main à la poche et fait un prêt de 750 000 euros, avec un report de remboursement de 2 ans puis un remboursement sur 5 ans.

Maintenant place au chantier : il faut tout nettoyer, contrôler, remettre en état. Dans un premier temps, c'est la Cerutti en 3,88 m de laize qui fait l'objet de toutes les attentions, puis dès qu’elle recommencera à tourner, c'est la rotative Frankenthal en 2,45 m de laize qui sera réparée.
 
Six personnes ont déjà repris le travail, et deux autres feront de même, cette semaine, pour remettre le parc machine en activité. Fin juin, une trentaine d'anciens salariés devraient être rembauchés et à terme ce sont 70 personnes qui retrouveront leurs emplois.
Un personnel heureux de revenir travailler même si "en maintenance la plupart ont déjà retrouvé un travail, c’est un métier transversal" explique Walter Da Rocha.

Parmi les premiers à revenir travailler, il y a le nouveau directeur d’usine qui se nomme Rémy Bouvart. Il était responsable des services prépresse, avant d'être licencié comme les autres en fin d’année.
Et Walter Da Rocha, lui aussi, a changé de casquette : de conducteur machine et délégué du personnel, il rejoint la direction générale en devenant conseiller de Gian Maria Basile, président du groupe italien Guido Veneziani Editore, dont dépend l’ensemble.

La production "si on tient les délais" devrait reprendre fin juin, d’abord sur la 3,88 puis sur la 2,45.
La stratégie de l’Italien avec ce nouveau site de production est de diviser le marché en deux territoires : 
"On imprimerait la moitié nord de la France voire les pays du nord de l’Europe et l’Italie imprimerait pour le sud de l’Italie et de l’Europe. En terme de logistique, c’est très intéressant, ça réduirait les coûts de transport."
Roto Alba France sera orientée vers la grande distribution (prospectus, catalogue). Et Walter Da Rocha espère d’ici 2 à 3 ans toucher au marché de l’édition. "J’espère avant, mais pour l’instant il faut voir comment ca va tourner."

Le nouveau conseiller, plein de projets, reste tout de même sur le qui-vive. Il se dit "soulagé pour partie. Maintenant il reste tout à faire. Il faut remettre les machines en état, retrouver la confiance des clients qu’ils s’engagent avec nous. Il y a tout à faire. On a gagné qu’une bataille, il reste encore la guerre à gagner. Si je peux m’exprimer ainsi !"

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