Zoom métier : Jean-Baptiste Launay, graphiste en packaging

Formé à l'École Estienne, Jean-Baptiste Launay s'est spécialisé dans la conception graphique d'emballages.

Quelle est ta formation ?

Jean-Baptiste Launay - Je viens de l’école Estienne à Paris, une école d’arts et d’industries graphiques qui englobe les métiers de l’imprimerie, du livre et de la communication graphique (infographie, sérigraphie, offset, reliure, édition, typographie, illustration…). J’ai suivi le cursus communication graphique où j’ai surtout appris l’infographie.

Après avoir eu mon BTS, j’ai travaillé chez Publicis en tant que maquettiste. Je montais des catalogues avec des images et des textes pour de grandes marques. Je faisais également de la retouche d’image. On utilisait des logiciels comme QuarkXPress. C’était avant InDesign…

Comment es-tu arrivé au packaging ?

Après Publicis, je suis parti au Canada, à Montréal, c’est là que j’ai découvert le packaging et que j’ai été formé à ça. C’est un univers très technique avec un aspect aussi créatif, d’image, de création d’une image de marque. J’ai travaillé plusieurs années à mon compte avant de m’installer comme freelance.

Aujourd’hui, je travaille notamment pour une entreprise canadienne qui s’appelle Bassé, qui fait des fruits secs, cacahuètes, noix, etc. Ses produits sont distribués un peu partout dans le monde (Amérique du Sud, Asie, Moyen-Orient…). Ils sont très créatifs sur les produits et ont besoin de beaucoup d’emballages.

Ils renouvellent souvent les emballages ?

Oui, notamment à cause des législations qui changent et évoluent d’un pays à l’autre. Dernièrement, il s’agit surtout des allergènes. Les gouvernements se sont emparés du sujet et les industriels doivent être très précis sur ce qu’ils communiquent à travers les emballages. Les packagings changent également selon les pays où ils sont distribués (langue, culture, etc.)

Enfin, les packagings peuvent servir à faire rayonner le Canada à travers le monde. Il y a des aides pour cela. Dans ce contexte, on utilisera des images typiques comme les feuilles d’érable.

Quelles sont tes influences ?

Je n’ai pas de maitre du design graphique d’emballages. J’ai tout appris avec la directrice artistique d’une entreprise qui m’a transmis ses connaissances.

De manière plus générale, il y a un designer graphique que j’aime beaucoup, c’est Vaughan Oliver. Il a réalisé toutes les pochettes d’un label anglais qui s’appelle 4AD. Il a fait les pochettes de groupe comme les Pixies, Cocteau Twins… Il a un univers graphique complètement dingue, c’est un vrai bricoleur. Il n’est pas connu, sauf dans un petit milieu, et pourtant ses œuvres vues dans le monde entier.

Quels sont tes rapports avec les imprimeurs ?

J’aime travailler avec les imprimeurs pour le côté atelier, la technique, les processus de reproduction. Ça sent l’encre, la graisse, les machines… et il y a ce côté artistique. Les imprimeurs sont aussi des artistes, ils ont un œil, une vision sur les couleurs, une perception, ils anticipent les choses, les réactions chimiques sur les mélanges de couleurs, les transparences, c’est très intéressant de travailler avec eux.

Sur quel logiciel travailles-tu ?

Photoshop et Illustrator. J’ai essayé de travailler sur Gimp à une époque, mais quand on travaille avec les imprimeurs ce n’est pas possible. Les fichiers sont standardisés. Avec le PDF/X tout est devenu très simple, il y a de moins en moins d’étapes dans la chaîne de l’industrie graphique, ça va presque directement du créatif à l’impression.

Quelle est la part de créativité dans ton travail ?

J’ai une grande marge de manœuvre avec mes clients. Je travaille avec des PME où tout n’est pas standardisé comme c’est le cas avec de plus grandes marques. Ils développent plein de produits différents sur plusieurs continents.

Je travaille avec un commercial qui s’occupe essentiellement de la partie Asie. Il m’explique ce à quoi les gens sont sensibles là-bas en terme d’images. On fait beaucoup de pré-tests en packagings. On imprime des produits en série limitée et on voit comment ça se vend en rayon. Si c’est complètement délaissé, alors on change. On n’imprime pas 150 000 exemplaires d’un coup.

Les rayons des supermarchés c’est le champ de bataille. Tous les compétiteurs sont les uns à côté des autres et certains produits se vendent, d’autres pas. Le prix influe bien sûr, et les ingrédients (plus qu’il y a quelques années), mais l’emballage et le graphisme ont également un impact important.

Les réalisations de Jean-Baptiste Launay peuvent être retrouvées sur son site lamaisonpopulaire.com

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