Point de vue : L'avenir de l'imprimerie selon Edmond Abergel de MGI

Le président et fondateur de MGI, Edmond Abergel, partage avec nous sa vision de l'avenir du secteur de l'imprimerie.

Le
Edmond Abergel, président et co-fondateur de MGI.

L'industrie graphique est en mutation. Mais dans quelle direction se dirige-t-elle ? Quelles technologies seront en phase avec le marché ? Pour y voir plus clair, nous avons demandé à Edmond Abergel, président et fondateur de MGI, pionner dans les arts graphiques grâce à ses solutions numériques innovantes, de répondre à nos questions. 

GraphiLine : Comment voyez-vous le secteur de l'imprimerie dans les cinq ans à venir ?
Edmond Abergel : Dans les cinq ans qui viennent, l'imprimeur sera plus que jamais un prestataire de service. Il maîtrisera parfaitement les étapes pré et post-impression d'un document ou d'un packaging.

Le paradigme du marché a changé. Nous ne sommes plus dans une course effrénée à la productivité. Aujourd'hui, tout le monde sait imprimer plus ou moins bien. L'attente des donneurs d'ordres est ailleurs et un imprimeur qui recherche aujourd'hui la productivité au détriment de la marge et de la valeur ajoutée sera confronté à de réelles difficultés économiques. En revanche, un imprimeur qui a fait le choix du service et de la création de valeurs a un avenir plus serein.

Quelles technologies permettront justement de générer cette valeur ajoutée ?
Il est clair que l'innovation se concentre principalement autour de la finition, de l'ennoblissement, de l'intelligence apportée au document.

Ces étapes étaient jusqu'à présent complexes et coûteuses à mettre en œuvre – je pense par exemple à l'embossage ou à la dorure à chaud, et étaient de ce fait peu répandues. Or l'attente est grande chez les donneurs d'ordres de disposer d'imprimés et de packaging qui sortent du lot. Par exemple, les innovations apportées par nos équipements JETvarnish 3D, en feuille et en bobine, apportent une vraie différenciation aux imprimeurs, en leur permettant de disposer d'une ligne d'ennoblissement simple à mettre en œuvre, associant en ligne, vernis UV, vernis relief UV, impression d'hologrammes et dorure à chaud 100 % numériques.

Qu'entendez-vous par "apporter de l'intelligence" au document ou au packaging ?
Je pense par exemple à ce que permettent aujourd'hui des techniques d'impression d'encre conductrice dans l'impression des puces RFID.

Chez MGI, nous travaillons à des lignes de production associant impression, ennoblissement et dépose d'encres intelligentes. Demain, parler de finition ou d'ennoblissement signifiera pour un imprimeur d'être capable de rendre les imprimés ou packaging de ses clients communiquants ; de proposer des imprimés ou packagings dotés de technologies Oled par exemple… 

Privilégiez-vous un axe de travail ?
Nous travaillons sur les différents aspects dont je viens de vous parler.

Il y plus de trois ans, MGI a racheté à 100 % Ceradrop, l'un des leaders mondiaux de l'électronique imprimée, avec comme ambition d'intégrer ces technologies chez les imprimeurs. La dernière Drupa nous a d'ailleurs permis de présenter l'AlphaJet, la première presse au monde intégrant impression jet d'encre, dépose d'encres conductrices, dépose de vernis 2D et 3D, impression d'hologrammes plus dorure à chaud 100 % numériques.

Quelles seront concrètement les applications de l'électronique imprimée ?
Imaginez une nouvelle génération de code-barres imprimés sur un packaging qui fonctionnent par RFID, c'est-à-dire qui communiquent sans avoir besoin d'une douchette : les inventaires sont de plus en plus automatisés et plus rapides à réaliser, les passages en caisse optimisés en captant directement les informations des packagings communiquants, quant au consommateur, il accède aux informations spécifiques de chaque produit par exemple en étant alerté, en approchant son smartphone de l'emballage, d'un risque d'allergie alimentaire... Et dans ce cas spécifique, avec les technologies Oled (organic light-emitting diode ou diode électroluminescente organique DELo, ndlr), un ou des voyants pourraient s'allumer sur le packaging.

Le packaging devient de fait proactif, dans sa communication.

Quelle sera la fonction à couper le souffle sur le marché dans les cinq ans à venir ?
L'impression de l'intelligence comme l'on imprime une encre traditionnelle.

Demain, il ne faudra plus coller les étiquettes RFID, elles seront directement intégrées dans le flux traditionnel de l'imprimeur. Le jour où l'industriel de l'impression aura la capacité d'imprimer de l'électronique comme une encre ou une finition de plus, il sera en position de proposer une prestation globale, et non plus juste un document imprimé sans valeur ajoutée, et c'est, selon nous, l'imprimerie du futur.

 

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