L'industrie papetière française et européenne en hausse par rapport à 2019

Malgré de fortes hausses des coûts de l'énergie et des matières premières, la majorité des sites papetiers français devrait cette année dépasser leur niveau de production de 2019, selon la Copacel

De janvier à septembre 2021, la production papetière française a augmenté de 6,7 % par rapport à la même période 2020, atteignant les 5,4 millions de tonnes, annonce la Copacel. Le syndicat professionnel des entreprises françaises productrices de pâtes, papiers et cartons qui rassemble 74 entreprises et représente 5 milliards d'euros de chiffre d'affaires estime la hausse de la production des papiers graphiques à +6,8 %, des papiers et cartons destinés à l'emballage et au conditionnement à +9,8 %.
Les papiers d'hygiène, quant à eux, sont en recul (-2,9 %) en raison de la constitution des stocks de précautions par les ménages lors des confinements.

La majorité des sites papetiers français devrait ainsi dépasser en 2021 leur niveau de production de 2019, selon le groupement professionnel et arrive au maximum de leurs capacités.

Hausse de la production papetière en Europe également

Cette hausse de la demande se retrouve à l'échelle européenne, effaçant le creux de production de 2020, note le syndicat professionnel. De janvier à août 2021, la production papetière européenne est en hausse de 6,2 % sur la même période 2020. Elle atteint ainsi le niveau de production de 2019, soit 57 millions de tonnes.

Cependant des types de papiers "sous tension"

Cependant, malgré cette hausse de la production, des types de papiers, notamment les papiers de presse, certaines sortes de papiers impression-écriture et les cartons plats "peuvent être sous tension, ce qui se matérialise par un allongement des délais de livraison des entreprises situées à l'aval de l'industrie papetière".

Copacel explique ces difficultés de livraison, en premier lieu, par une demande forte avec des capacités de production identiques, voire inférieures, pour plusieurs familles de produits. "Les fermetures ou conversions de machines qui ont été décidées à l'échelle européenne depuis trois ans sur le segment des papiers graphiques (ceci pour faire face à une réduction structurelle de la consommation de ces produits depuis 15 ans), conduisent à une situation de tension entre l'offre et la demande."
Copacel avance, en deuxième lieu, la hausse de la demande due au besoin des entreprises de reconstituer leurs stocks entamés en 2020.
Enfin, le syndicat évoque les difficultés logistiques - fret routier ou maritime - qui peuvent contribuer à cet allongement des délais de livraison.

Des coûts de production du papier en hausse "brutale"

Voulant certainement justifier les hausses de ses prix dénoncés par différents acteurs ces dernières semaines, le regroupement professionnel ajoute : "Une des caractéristiques de la période que nous traversons tient au fait que la hausse des coûts des facteurs de production est à la fois brutale et applicable à quasiment tous les postes de dépenses."

D'octobre 2020 à octobre 2021, le cours de la pâte de référence NBSK a grimpé de près de 60 % ; les matières destinées au recyclage telles que les caisses en carton et les journaux et magazines ont vu leurs prix augmenter de respectivement près de 150 % et 200 % ; les prix de l'électricité sur le marché de gros de 250 % ; le prix du gaz a été multiplié par 5 ; et les prix des produits chimiques, de l'amidon et des consommables ont subi des augmentations à deux chiffres.

"À la différence de certaines industries, où les hausses sans précédent par leur ampleur des prix de l'énergie ont pu conduire à des ralentissements de production, l'industrie papetière maintient une activité la plus soutenue possible, ceci afin de répondre au mieux aux demandes de ses clients."

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