Un espoir subsistait mais la page du papier se referme définitivement au Lardin-Saint-Lazare en Dordogne. Reprise par le groupe français SPB après la décision du tribunal de commerce de Bordeaux du 27 février 2026, l'ancienne papeterie de Condat qui employait 200 personnes ne retrouvera pas son activité historique. La possibilité de redémarrer la ligne 8, maintenue en état pendant plusieurs mois, a finalement été abandonnée.
Le site produisait du papier depuis 1907. Confrontée à d'importantes difficultés, la papeterie avait demandé l'ouverture d'un redressement judiciaire en 2025. La recherche d'un repreneur dans la filière n'avait alors débouché sur aucune offre papetière.
Le redémarrage de la ligne 8 à l'étude pendant cinq mois
SPB n'avait toutefois pas immédiatement écarté une reprise partielle de la fabrication. Le repreneur avait demandé au papetier autrichien Delfort d'étudier les conditions d'un redémarrage de la ligne de production 8.
L'examen aura duré cinq mois. SPB souligne avoir financé la maintenance de la ligne, pendant cette période, afin de la conserver en attente de la conclusion de l'étude.
Le résultat ferme cette dernière possibilité de conserver une activité papier. "Après cinq mois d'études, sa réponse est non : ce n'est pas rentable aux conditions du marché", indique Ghislain Huot, président de Condat Solutions, filiale de SPB chargée de la reconversion du site.
Cette conclusion intervient après l'absence de candidat papetier lors de la procédure de reprise. "Ce n'est pas nous qui avons tourné la page du papier à Condat, c'est le marché", estime Ghislain Huot.
"Nous le disons avec respect pour ce site : une usine ouverte en 1907, des familles, des savoir - faire. Mais la vraie question n'était pas 'du papier ou de l'intelligence artificielle'. Elle était : de nouvelles industries ou une friche industrielle orpheline avec tous les risques que cela implique."
L'ancienne papetière à reconvertir
SPB réoriente désormais les 51 hectares et 126 000 m2 de bâtiments vers plusieurs activités. Le projet repose notamment sur l'utilisation des infrastructures électriques héritées de la papeterie, avec une sous-station haute tension déjà raccordée au réseau national.
La principale activité prévue est une unité fournissant de la puissance de calcul pour l'IA. Le programme comprend également la remise en service de la partie énergie du site ainsi que des activités liées notamment aux serres maraîchères et au traitement du bois, alimentées en partie par la chaleur récupérée des calculateurs.
Une vingtaine d'anciens salariés de Condat travaillent encore sur place pour assurer l'entretien, la maintenance et la sécurité des installations.
Les premiers travaux de reconversion sont annoncés pour la fin de 2026, tandis qu'une première tranche informatique de 25 MW est prévue fin 2027.









