Roto Armor ne manque ni d'outil ni de savoir-faire. C'est désormais un partenaire qu'elle cherche. Placée en redressement judiciaire le 22 juillet, l'imprimerie rotative de Châtelaudren-Plouagat, dans les Côtes-d'Armor, fait l'objet d'un appel d'offres. Les candidats ont jusqu'au 24 septembre inclus pour se positionner.
À la tête de l'entreprise, Pierre-Yves Le Brun connaît particulièrement bien le site. Ancien technico-commercial de Roto Armor, il avait repris la société en 2020 alors qu'elle se trouvait sous procédure de sauvegarde. "Ça avait été un sauvetage in extremis", se souvient-il.
"Nous avons connu diverses fortunes, des vertes et des pas mûres, entre les impossibilités d'avoir du papier pendant la pénurie, des refus de nous fournir du gaz et de l'électricité par le fournisseur français EDF..., poursuit-il. Jusqu'à présent, nous avions toujours réussi à honorer le plan conclu avec le tribunal."
L'activité en berne depuis mai
Mais l'activité a nettement décroché à partir de mai. "Nous n'avons pas spécialement moins de clients, mais intrinsèquement par client, nous avons beaucoup moins de volumes", explique le dirigeant.
Roto Armor avait réalisé de 4 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2025. Ce recul des volumes pendant l'été a conduit le dirigeant à demander la mise en redressement judiciaire de l'imprimerie. Elle devait initialement lui permettre de restructurer lui-même l'entreprise, mais la dégradation de la trésorerie l'a finalement amené à rechercher un partenaire extérieur.
Une structure resserrée pour mieux repartir
Roto Armor reste ouverte à plusieurs solutions, de l'apport de capitaux à la reprise du fonds de commerce. Quelques marques d'intérêt se sont déjà manifestées.
Pierre-Yves Le Brun place toutefois un objectif au premier plan : "Ma préoccupation, c'est la préservation de l'emploi." Le dirigeant estime qu'une équipe de 10 à 12 personnes permettrait largement de redémarrer avec une structure mieux adaptée au niveau actuel d'activité et un point mort plus accessible.
Roto Armor, une imprimerie qui ne manque pas d'atouts
Surtour que Roto Armor dispose de nombreux atouts. Elle possède un portefeuille de clients fortement implanté dans la région bretonne. Environ deux tiers de son chiffre d'affaires sont réalisés dans le Grand Ouest. Le reste provient principalement de la région parisienne. Pierre-Yves Le Brun insiste sur la fidélité de sa clientèle et son attachement à une production locale.
L'équipe constitue un autre point fort de l'imprimerie. Presque tous les salariés ont commencé leur carrière chez Roto Armor. "Il y a un très fort lien des salariés à l'entreprise", souligne le dirigeant.
Le site s'appuie également sur une rotative 16 pages M600 Manroland Goss de cinq groupes, "bichonnée et fortement automatisée". La presse dispose d'un groupe de perforation, d'une préplieuse et d'une sortie à plat, des chaînes de rognage et des équipements périphériques qui ont été doublés. Cette configuration offre à Roto Armor "une force de frappe intéressante" pour produire, notamment, rapidement des campagnes destinées à la distribution en boîtes aux lettres.
Pierre-Yves Le Brun entend enfin faciliter le passage de relais. Il se dit prêt à accompagner le futur repreneur de manière bénévole. "Il y a vraiment encore de beaux projets à faire avec Roto Armor".














