JCDecaux, du rififi entre salariés et direction

Le 13 janvier, des salariés tenant un piquet de grève devant le site JCDecaux de Gennevilliers dans les Hauts-de-Seine. © Cgt Jcdecaux-rp

Les salariés du numéro un mondial de la communication extérieure sont en grève. Ils demandent une augmentation des salaires. La direction ne veut pas négocier tant qu'il y a des grévistes.

Une partie des salariés de JCDecaux sont en grève depuis hier matin, répondant à un appel des syndicats.

Les syndicats reprochent à l'entreprise spécialisée dans la publicité urbaine les "pitoyables augmentations générales de salaires malgré une santé florissante de l’entreprise JCDecaux", expliquent-ils dans un communiqué.

"JCDecaux a largement les moyens de donner des augmentations décentes"

"Vous avez pu constater également le blocage des frais et tickets resto depuis de nombreuses années, une augmentation de la productivité jamais égalée avec peu ou pas de contreparties financières, la mise en place de réformes nocives à de bonnes conditions de travail engendrant stress et fatigue accrues."

Le chiffre d'affaires du groupe international, qui emploie 11 900 personnes dans le monde, s'élève pour 2014 à 2 813 millions d'euros.

Et selon les syndicalistes, les dividendes versés aux actionnaires ont été de 112 millions d'euros en 2015, représentant plus de 9 000 euros par salarié dans le monde. Ils estiment donc que "la société JCDecaux a largement les moyens de donner des augmentations décentes à ses salariés sans se mettre en péril."

Au premier jour de grève, les négociations au point mort

Hier, en matinée, les syndicalistes publiaient des photos de leur mouvement de grève sur des différents sites du groupe en France sur Facebook :

//

Gennevilliers en Grève

Posté par Cgt Jcdecaux-rp sur mercredi 13 janvier 2016
 
//

Claude Bernard à Plaisir

Posté par Cgt Jcdecaux-rp sur mercredi 13 janvier 2016
 
//

Et à la mi-journée, ils annonçaient 160 grévistes en région parisienne.

Le groupe qui compte 3600 salariés en France s'est assis à la table des négociations avec les syndicats.

Mais "la direction refuse de parler salaires tant qu'il y aura des grévistes. Elle considère que la grève entrave la sérénité de la négociation," nous ont expliqué les syndicats.

La direction a, quant à elle, refusé tout commentaire sur ce mouvement.

De prochaines discussions doivent avoir lieu ce matin.

Plus d'articles sur les chaînes :

Réagir à cet article :
Gilles Petit - 14 Janvier 2016
Il n'y a pas de sérénité dans les rapports de force, une grève c'est la lutte des classes et l'opposition de deux pouvoirs... Et la vieille arme du patronat a toujours été de nier la réalité du conflit et de vouloir imposer à nouveau ses règles à elle pour résoudre le conflit à son avantage ! La grève est une arme légale, et le nier, c'est refuser le débat démocratique dans l'entreprise. Il ne peut y avoir de sérénité dans le déni de la position de l'autre partie... appeler à la sérénité par la manipulation, c'est vouloir réduire l'autre au rang d'objet. La grève est une confrontation de sujets... et lorsqu'on est serein, la confrontation d'idées ne fait pas peur... sauf si l'on considère les salariés grévistes comme des objets manipulables ! Et là ce n'est plus de la négociation, mais une manoeuvre pour étouffer les revendications. La grève n'entrave pas, elle libère les tensions pour amorcer le vrai dialogue... n'en déplaise aux tacticiens du pouvoir...
Ajouter un commentaire...