Interview / Rencontre avec Jérémy Kootz, 21 ans, meilleur jeune imprimeur de France

Jérémy Kootz, 21 ans, médaillé d'or des Olympiades des métiers 2017 de l'imprimerie.

Jérémy Kootz est le médaillé d'or des Olympiades des métiers 2017 de l'imprimerie. Retour sur cette compétition nationale.

Passionné, travailleur, ambitieux... Jérémy Kootz, 21 ans, est un conducteur offset que toute imprimerie rêverait d'avoir. Diplômé d'un BTS Communication et réalisation de produits imprimés, Jérémy Kootz est conducteur offset depuis un an et demi à l'imprimerie ISL du groupe Morault, située à Creil dans l'Oise et travaille sur une Lithrone Komori 4 couleurs.

Le 11 mars après trois jours d'épreuve, il a reçu la médaille d'or des Olympiades 2017 dans la catégorie Imprimerie, avec l'excellente note de 557 sur 600. La prochaine étape est la finale mondiale, la WorldSkills Competition, qui a lieu à Abu Dhabi aux Émirats arabes unis, en octobre.

GraphiLine : Comment avez-vous découvert ce métier ?
Jérémy Kootz : Mon arrière-grand-père et mon grand-père étaient imprimeurs. Mais, c'est mon grand-frère, lui aussi imprimeur (à l'imprimerie suisse Polygravia, ndlr), qui m'a fait découvrir ce métier il y a quelques années. Et c'est vraiment devenu une passion. Tout me plaît dans ce métier.... Quand j'ai un livre dans les mains, je ne le lis pas : je regarde les couleurs, la reliure...

Ce n'est pas la première fois que vous participez aux Olympiades...
Non, c'est la deuxième fois. Il y a deux ans, j'ai reçu la médaille de bronze et j'ai été nommé "jeune espoir". Ce titre de jeune espoir m'a permis de suivre, avec les deux autres médaillés, la formation technique d'entraînement de l'équipe de France pour le concours mondial.

Pourquoi ce concours est-il important pour vous ?
Cela fait deux ans que j'attendais ce concours ! Et c'est une histoire de famille : mon frère est arrivé 2lors des Olympiades nationales de 2012 et 1er au niveau européen en 2014. J'ai aussi toujours fait de la compétition (j'ai fait du basket pendant 15 ans). En plus, se comparer avec les autres jeunes de France permet de savoir ce que l'on vaut.

C'est également pour l'avenir. Sur son CV, rien qu'avec une médaille de bronze est très bénéfique. Dès ma sortie de BTS, j'ai trouvé un poste.

Et puis, ce titre veut dire, d'une certaine façon, que je suis le meilleur imprimeur de France de moins de 25 ans !

Quelles sont les épreuves de ces trois jours de concours ?
Nous avions normalement 14 épreuves, mais il y a eu des pannes machines, donc nous n'en avons fait que 11. Chacune dure une heure.

Il y avait par exemple, une épreuve sur un massicot, une de maintenance. Nous avions aussi une épreuve de reconnaissance papier : pour 20 papiers, il faut donner le type de papiers (mat, offset...) et estimer son grammage.

Nous avions également une épreuve de teinte à l'œil : en une heure, nous devions faire deux teintes. On nous donne deux couleurs d'un nuancier – je pense de peinture murale – et nous devions, sans balance ni spectro, reproduire cette couleur. La couleur devait ensuite passer dans une presse IGT pour que le jury puisse la mesurer. Ma technique était de faire des touches au doigt pour estimer ma couleur sans avoir à utiliser la presse et devoir la nettoyer pour recommencer.

Nous avions aussi trois épreuves sur presse numérique, une Konica Minolta : faire une brochure de 12 pages (calage recto verso plus 25 exemplaires), un amalgame de marque-pages (la calibration de la couleur de la machine et le registre recto verso) et la dernière était d'utiliser le logiciel Printshopmail pour faire des diplômes personnalisés.

L'épreuve phare - 35 % de la note finale - était l'impression sur presse offset 4 couleurs. Nous avions 1500 feuilles au départ. Il fallait en rendre 690 bonnes : toutes les 150 feuilles étaient mesurées. Il fallait faire le calage, le registre et que les densités des couleurs soient parfaites. J'ai été le premier à finir cette épreuve, 37 minutes (ce qui lui donne des points supplémentaires, ndlr) !

Comment vous êtes-vous préparés à cette compétition ?
Je me suis préparé à l'imprimerie. Le soir ou en pause, je m'entraînais sur le massicot, la plieuse... Pour l'impression, j'ai essayé d'améliorer mon travail tous les jours pour aller le plus vite possible.

Ce sont des heures de travail souvent pris sur mon temps libre mais il faut beaucoup de préparation.

Et maintenant la médaille d'or ?
Oui. Mon objectif c'est la médaille mondiale. Je n'ai plus qu'à travailler, j'ai quatre mois... Beaucoup de samedis et de soirs passés à l'entreprise pour m'entraîner !

La semaine prochaine, je pars à Strasbourg pour un stage technique. Je serai en compétition avec le médaillé d'argent, Thomas (Besson de Nouvelle-Aquitaine, ndlr), afin de déterminer qui est le plus apte à concourir au niveau mondial. Il faut que je confirme qu'au niveau technique mais aussi physique et mental je tiens la route.

Quels sont vos projets dans le métier ?
Pourquoi pas avoir une imprimerie avec mon frère...

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