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Interview : D'une association de bénévoles à la création d'une imprimerie

Jean-Claude Junin vient de lancer l'imprimerie La Fabrique des Mots. Il revient sur le parcours qui a permis à une association de bénévoles de se doter d'une imprimerie dans la ville de Grasse (06).

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Graphiline — Tout a commencé avec l’association Les Passeurs de Livres, pouvez-vous nous raconter ?

Jean-Claude Junin — Il y a 5 ans j’ai créé une association avec des copains qui s’appelle les Passeurs de Livres. Le but est de redonner du goût à la lecture au public en installant des boites à lire dans les rues grâce à un partenariat avec les municipalités.

Travailler avec les municipalités nous permet d’avoir une entreprise entreprise pérenne. Nous avons installé des boites à lire dans les Alpes-Maritimes, dans le Var et dans le Gard, à Nîmes. En tout, 29 communes ont désormais des boites sur leur territoire.

C’est des livres que vous éditez ?

Non, ce sont des livres que nous récupérons, la plupart du temps des médiathèques.

Quel est le rapport avec les éditions Riqueti ?

D’abord nous avons créé les boites à lire, pour donner le goût de la lecture. Puis nous avons voulu aussi donner le goût de l’écriture. Nous avons donc lancé des concours de nouvelles et de textes courts et créé notre propre maison d’édition associative. Nous venons de finaliser la 5e édition, à raison d’un concours par an.

Le nom Riqueti est un clin d’œil à l’écrivain Mirabeau, de son vrai nom Honoré Gabriel Riqueti, qui venait souvent passer des séjours à Grasse où vivait sa sœur.

Vous éditez beaucoup de livres ?

Au départ c’était très confidentiel, 3 ou 4 livres par an, et puis ça s’est développé progressivement. L’année dernière nous avons édité plus de 60 livres et avons décidé de transformer l’association en société. Cette année, en mai, nous avions déjà édité 61 livres. Avec cette nouvelle dimension, nous avons aussi voulu créer notre propre imprimerie, La Fabrique des Mots.

Quel matériel utilisez-vous ?

Nous avons investi dans du petit matériel qui nous permet d’imprimer jusqu’à 200 livres par jour et en vitesse de croisière, entre 120 et 150 livres par jour. Nous possédons des imprimantes Ricoh, une pelliculeuse, un massicot, raineuse, dos carré collé, etc.

Avant, où imprimiez-vous les livres ?

Chez l’imprimeur Ciais à Nice. Nous continuons d’ailleurs à travailler avec eux pour les ouvrages plus techniques.

Vous aviez une formation d’imprimeur ?

Pas du tout, c’est une nouvelle activité pour moi. Mais j’avais déjà eu un contact avec l’imprimerie il y a longtemps. J’ai une formation d’ingénieur, et mon premier stage ouvrier qui a duré 6 mois, je l’ai effectué chez Marinoni.

Comment financez-vous les éditions et l’imprimerie ?

Nous sommes financés par les auteurs via des contrats participatifs. Ce sont des contrats à compte d’auteur améliorés car il y a un véritable service d’accompagnement durant un an à partir de la date de parution (articles dans la presse, séance de dédicace, inscription sur des salons du livre, etc.)

L’auteur en édition participative paye un ticket d’entrée, qui va comprendre la relecture, la correction, la mise en page du cahier intérieur, la conception de la couverture, toutes les formalités de dépôt légal, etc.

Aujourd’hui, nous avons deux salariés et des intervenants extérieurs en freelance. En équivalent temps plein, nous sommes à 4 employés, plus les bénévoles.

D’où viennent les auteurs que vous éditez ?

Nous souhaitons garder le côté local afin de permettre un accompagnement auquel l’auteur peut participer (dédicaces, salons…). Il s’agit donc essentiellement d’écrivains des Alpes-Maritimes, du Var, ou qui ont un lien avec la région.

Quels sont vos objectifs de développement ?

Nous freinons volontairement notre développement parce que nous nous sommes fixé un objectif de 150 livres par an avec un tirage moyen sur la durée de vie du livre (environ deux ans) de 300 exemplaires. Nous ne voulons pas aller au-delà.

Mais nous avons un autre projet, peut-être un peu utopiste… Nous voudrions monter une centrale entre les éditeurs-imprimeurs qui auraient à peu près la même configuration que nous, afin de travailler en centre de coût et de mutualiser nos banques de données.

Cela nous permettrait de faire un catalogue commun que nous pourrions présenter aux libraires, et d’ensuite imprimer les livres vendus. L’avantage serait de réduire la chaine logistique et le coût du livre.

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Seguin Roland 2 mois
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