Quelles perspectives pour le secteur de la reliure-brochure-dorure (RBD) ?

Les entreprises de façonnage semi-industrielles s'inquiètent de la concurrence des pays étrangers.

L’évolution du secteur de la reliure depuis le début des années 2000

Entre les années 2000 et 2010, de grandes entreprises comme la Sirc (la société industrielle de reliure et de cartonnage), Reliures Brun, ou encore Diguet-Denis ont fermé leurs portes.

"Il n’y a plus de grosses entreprises de reliure en France, toutes ont disparues", explique Pascal Pluchard, président de la chambre syndicale de la Reliure Brochure Dorure (RBD).

"Le cout de la main-d’œuvre en France est trop cher ; or c’est un métier de main d’œuvre. Les entreprises encore existantes exercent soit dans le luxe, soit dans l’art, mais au niveau industriel, il n’y en a plus. Il reste des entreprises semi-industrielles qui travaillent pour les maintenances de bibliothèques."

La reliure artisanale, un métier de passionnés 

Mais comme dans beaucoup de secteurs où l’industriel s’effondre, l’artisanat retrouve ses lettres de noblesse. "Les artisans sont des passionnés, qui créent des couvertures, font de l’enveloppement… Il y a également un marché parallèle à celui du livre avec la dorure, puisqu’on peut dorer des cuirs, des tableaux, restaurer des parchemins, faire des papiers peints, il y a beaucoup d’activité dans les métiers d’art."

Reste qu’aujourd’hui, les relieurs d’art ont la volonté de valoriser leur savoir-faire, "une excellence française", et de la protéger. C’est le message qu’ils ont fait passer lors du premier petit-déjeuner organisé par la RBD le 8 mars dernier sur le thème "la finition, valeur ajoutée du print, état des lieux et perspectives".

L’inquiétude face à la concurrence

Les entreprises de façonnage semi-industrielles notamment, s’inquiètent de la concurrence des pays étrangers, jugée déloyale en raison des différences de fiscalité et de coût de la main d’œuvre.

Le façonnier Merkhofer, l’un des derniers en région parisienne pouvant traiter des grandes séries pour le marché de l’édition et des magazines, produisait 1000 tonnes par jour et employait 200 personnes il y a cinq ans. Aujourd’hui, la société ne produit plus que 400 tonnes par jour avec 120 personnes. Elle a été placée en redressement judiciaire le 15 janvier dernier.

Des problématiques sur lesquelles la RBD, créée il y a près d’un siècle, entend bien se pencher dans un futur proche. En juin prochain, l’organisation syndicale organisera une seconde rencontre sur une thématique précise afin d’appréhender les grands enjeux de la filière.

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