Interview / Les explorations graphiques de Florence Boudet

Musée de l'Imprimerie de Nantes. Photo : Sébastien Salom-Gomis. © Sébastien Salom-Gomis

Graphiste et typographe professionnelle, Florence Boudet pratique aussi des expériences autour du lettrage et de l'impression.

Florence Boudet est graphiste dans le secteur de l’édition et la communication. Le 15 décembre dernier, nous l’avons croisée au Marché de Noël de la rue Drouet, à Nantes, où elle exposait ses œuvres personnelles.

Peux-tu me présenter ton travail ?

J’ai une formation en typographie. Je travaille principalement pour des commandes (maquettes de livres, identité visuelle, logo, affiches…) et je poursuis, en parallèle, un travail personnel que je développe dans mon atelier et qui nourrit mon travail de commande. Il s’agit principalement de recherches graphiques autour du dessin de lettre et des techniques d’impression. Je pratique notamment la sérigraphie et la linogravure.

Photo : Sébastien Salom-Gomis

Qu’est-ce que tu appelles recherches graphiques ?

Ce sont des explorations, des expériences. Je pars en général de la technique. J’aime mélanger les techniques traditionnelles et numériques. Ces linos par exemple ont été gravés au moyen d’une fraiseuse numérique. Normalement, un lino se grave manuellement avec une gouge, ce qui donne un aspect assez irrégulier, la régularité que vous voyez ici est impossible à obtenir avec des outils traditionnels.

La méthode de création est ici totalement expérimentale parce que je me suis laissée surprendre par l’outil numérique : j’ai gravé six carrés de lino en partant à chaque fois du même dessin et en observant ce qui se passe en modifiant les paramètres. C’est ce qu’on appelle "de la bidouille", la taille du foret change, l’écart change, les formes changent… c’est vraiment la fraiseuse et son interface qui produisent les images. J’ai commencé ce travail dans le cadre d’une résidence artistique au fablab de Nantes. J’ai ensuite imprimé les linos au Musée de l’imprimerie de Nantes sur une presse typographique. Ce travail est un vrai va-et-vient entre les différentes techniques et savoir-faire anciens et modernes.

Photo : Sébastien Salom-Gomis

L’autre technique d’impression que tu utilises est la sérigraphie, qu’est-ce que ça t’apporte en tant que créatrice ?

L’avantage par rapport à d’autres procédés, est que c’est assez facile à réaliser soi-même en atelier. Le matériel est financièrement abordable et occupe assez peu d’espace. Ce qui est surtout intéressant c’est que son côté artisanal se prête beaucoup à l’expérimentation, on peut faire varier facilement toutes les étapes du processus (mélange des encres, mode d’insolation ou d’impression) et obtenir des résultats inattendus. Un des autres avantages de la sérigraphie est que les encres permettent d’obtenir une intensité de couleur incomparable par rapport à d’autres techniques.

Un mot sur le chat ?

C’est une jolie histoire. Le Chat-zen, comme je l’appelle, c’est le tout premier motif que j’ai sérigraphié, pour commencer, pour tester. Et en fait, c’est devenu mon best-seller ! Chaque année, je le tire dans une nouvelle couleur et les gens l’aiment toujours beaucoup. En réalité, ce chat sympathique, tient là petite revanche : à l’origine j’avais réalisé ce dessin il y a des années pour la commande d’une couverture de livre et l’éditeur l’avait refusée. Je suis contente qu’il marche bien et vraiment ravie qu’il apporte finalement sa "zénitude" à plein de gens.

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