La filière du carton ondulé en France menacée par un risque énergétique et réglementaire

© Carton ondulé de France

Carton Ondulé de France alerte sur la situation de la filière, fragilisée par deux crises successives et confrontée à une hausse des charges réglementaires, dans un contexte de tensions géopolitiques.

La filière française du carton ondulé aborde une nouvelle phase d'incertitude. Carton Ondulé de France souligne le risque d'un nouveau choc énergétique lié aux tensions internationales, notamment au Moyen-Orient.

L'organisation professionnelle qui représente plus de 70 % de la filière française rappelle que le secteur est déjà fragilisé après deux crises successives.
En 2020, la production a reculé de 3,8 % en tonnes sous l'effet de la pandémie. Dans une filière reposant à 94 % sur des papiers et cartons recyclés, cette baisse de la consommation a aussi réduit la disponibilité de la matière première. Le rebond de 5 % observé en 2021 correspond à un rattrapage et à une reconstitution des stocks.
Le second choc, lié à la guerre en Ukraine, a affecté directement les coûts de production, le prix du gaz et de l'électricité ayant plus que doublé. La production a reculé de 4,5 % en 2022 puis de 7,5 % en 2023.

"Le risque lié à la guerre en Iran pourrait encore accentuer ces difficultés en pesant à la fois sur les coûts de l'énergie et sur la consommation. Or ce nouveau choc potentiel intervient alors que les industriels sont déjà entravés par l'accumulation de contraintes réglementaires, de charges supplémentaires et d'incertitudes opérationnelles" interpelle Carton Ondulé de France.

La mise en place de la responsabilité élargie du producteur (REP) sur les emballages professionnels représente un coût estimé par l'Ademe, à près de 72 millions d'euros pour la filière, soit environ 1,5 % de son chiffre d'affaires.

Ce dispositif s'accompagne de nouvelles obligations, notamment en matière de traçabilité des flux, ainsi que de contributions au développement du réemploi et à la recherche en écoconception.

Pour Philippe Durand, président de Carton Ondulé de France, "le sujet n'est donc pas seulement celui d'un coût réglementaire supplémentaire. Il est celui d'un affaiblissement progressif de la capacité de résistance des entreprises. À force d'ajouter des charges sans étude d'impact globale ni vision d'ensemble, on fragilise des acteurs industriels qui devraient au contraire être consolidés pour absorber les chocs extérieurs".

L'organisation insiste : "Cette situation est d'autant plus paradoxale que la filière du carton ondulé est l'une des plus performantes en matière d'économie circulaire, avec près de dix ans d'avance sur les objectifs européens de recyclage. Fragiliser aujourd'hui une telle filière par un empilement de charges et d'obligations mal calibrées reviendrait à pénaliser une industrie déjà engagée, déjà éprouvée, et pourtant essentielle à la souveraineté industrielle comme à la transition environnementale."

Carton Ondulé de France demande donc à ouvrir rapidement un espace de concertation avec les pouvoirs publics. "Il ne s'agit pas de remettre en cause le principe de la responsabilité environnementale, mais de sortir d'une logique d'empilement sans vision globale."

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