Automatisation, IA, durabilité : le Print Census 2025 de la Fespa révèle un secteur à deux vitesses

Les imprimeurs reconnaissent la nécessité d'accélérer leur transformation, mais beaucoup peinent encore à suivre le rythme imposé par les évolutions technologiques et économiques du secteur. Le dernier Print Census de Fespa met en lumière un marché où les écarts se creusent entre les entreprises capables d'investir et les structures plus limitées en moyens humains et financiers.

Fespa publie les résultats de son Print Census 2025, réalisé avec Keypoint Intelligence auprès de 774 entreprises réparties dans 89 pays lors du second semestre. Cette nouvelle étude, la première depuis 2018, s'est concentrée sur trois sujets : l'automatisation, l'intelligence artificielle et la durabilité. Et pour ces trois sujets, l'association internationale professionnelle de la sérigraphie, de l'impression numérique et de l'impression textile observe un décalage entre les solutions disponibles et celles mises en œuvre.

Le rapport dresse également le portrait d'un secteur encore largement composé de petites structures. Trois quarts des répondants emploient moins de 50 salariés et près de la moitié moins de 10 personnes. Une configuration qui pèse directement sur la capacité d'investissement des prestataires d'impression.

Une automatisation encore limitée

L'automatisation progresse mais reste loin d'être généralisée. Près d'un imprimeur sur deux déclare ne pas utiliser d'outils automatisés. Lorsqu'ils sont déployés, ces dispositifs concernent principalement les flux de production, les plateformes web-to-print et les opérations prépresse.

Le rapport souligne pourtant que ces outils permettent de répondre aux tensions sur l'emploi, à la hausse des coûts de production et aux demandes de délais plus courts.

Fespa observe un écart entre les entreprises capables d'investir dans des flux numériques avancés et celles qui restent dépendantes de processus manuels.

L'IA utilisée pour quelques tâches

L'intelligence artificielle reste elle aussi peu implantée. Environ 40 % des prestataires interrogés n'utilisent aucun outil d'IA. Les applications recensées se limitent surtout à l'assistance graphique, à la gestion de la couleur ou à certaines fonctions de planification.

Le manque de compétences internes et l'absence de cas d'usage clairement identifiés freinent encore son adoption, notamment dans les petites structures.

Une durabilité freinée par les coûts

La durabilité apparaît comme un sujet largement reconnu par les professionnels : 92 % des répondants estiment qu'elle est importante pour leur activité. Pourtant, seuls 40 % en ont fait une priorité stratégique.

Le coût des matières premières et la faiblesse de la demande des clients limitent les investissements dans des approches plus durables. Les petites entreprises, avec un pouvoir d'achat plus réduit, sont les plus exposées.

Le rapport souligne également la montée des contraintes réglementaires et des exigences des donneurs d'ordre, qui devraient progressivement rendre ces démarches incontournables.

Un décalage entre l'offre technologique et le terrain

Plus largement, Fespa constate un écart persistant entre les technologies développées par les fournisseurs et leur adoption réelle par les ateliers d'impression. "Si les fournisseurs et les fabricants continuent de développer des solutions plus avancées, de nombreux prestataires de services d'impression (PSP) manquent de ressources, de connaissances ou d'infrastructures pour les adopter efficacement" note-t-elle.

L'étude pointe ainsi une demande croissante pour des outils plus accessibles, modulaires et plus simples à déployer dans les petites structures.

Fespa prépare déjà la nouvelle édition du Print Census pour 2026, qui portera cette fois sur le e-commerce et le web-to-print, les difficultés de recrutement ainsi que les pressions tarifaires et la rentabilité des imprimeurs. Les entreprises d'impression et de signalétique du monde entier peuvent participer en se rendant sur le site de Keypoint Intelligence.

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