Rebondissement dans le dossier Fibre Excellence. Un nouvel investisseur s'est manifesté, un investisseur suffisamment sérieux pour que le tribunal de Commerce de Toulouse renvoie au 6 juillet l'audience consacrée à l'avenir du producteur de pâte à papier. Selon plusieurs sources proches du dossier citées par l'AFP, cet investisseur, c'est Matthieu Pigasse. Le financier et banquier d'affaires a déposé une lettre d'intention à titre personnel.
Matthieu Pigasse est principalement connu pour ses activités dans la finance et les médias. Via sa holding Combat Media, il détient notamment le magazine de musique Les Inrockuptibles et Radio Nova. Il possède également des participations dans le groupe Le Monde, Mediawan et plusieurs festivals de musique, dont Rock en Seine.
Pour Fibre Excellence, qui n'a pas dévoilé son identité dans son communiqué publié à l'issue de l'audience le 16 juin, l'arrivée de cet "investisseur français de renom" permettrait "d'envisager la consolidation de l'actuel projet de reprise porté par la direction de Fibre Excellence ou le dépôt possible d'une nouvelle offre".
Faute de repreneur identifié, la direction de Fibre Excellence avait déposé le 1er juin dernier sa propre offre de reprise. Porté par Jean-François Guillot, président-directeur général du groupe, le projet, associant investisseurs privés et acteurs publics, concerne l'ensemble des actifs, dont les usines de Tarascon dans les Bouches-du-Rhône et de Saint-Gaudens en Haute-Garonne ainsi que Chapelle Darblay en Seine-Maritime. L'offre prévoit la reprise des 700 salariés du groupe.
L'offre déposée par la direction reste soumise à trois conditions jugées essentielles pour restaurer la compétitivité du groupe. La première concerne le tarif de rachat de l'électricité produite par les centrales biomasse des sites. La deuxième porte sur la sécurisation d'une partie de l'approvisionnement en bois et la direction demande enfin la réintégration de l'usine de Saint-Gaudens dans le système européen des quotas carbone.
L'équipe de direction indique qu'elle va continuer son travail sur le projet de reprise actuellement proposé et permettre de le mener à bien pour tous les salariés, les fournisseurs et toute la filière bois papier en France. Elle se félicite également "de la mobilisation d'investisseurs français prêts à s'engager pour la souveraineté industrielle de la France".










