La situation du groupe Fibre Excellence se joue désormais sur deux fronts. À Tarascon, dans les Bouches-du-Rhône, la fermeture de la papeterie provencale est actée et l'enjeu porte désormais sur l'arrêt et la sécurisation des installations. À Saint-Gaudens, en Haute-Garonne, une offre de reprise de l'usine de pâte à papier doit encore être examinée par la justice.
Le tribunal de Commerce de Toulouse a prononcé le 27 juillet la liquidation judiciaire de Fibre Excellence Provence, qui exploitait le site de Tarascon. L'usine, qui comptait 270 salariés, a officiellement fermé le 28 août. Les derniers salariés encore sous contrat doivent à leur tour quitter la papeterie dans le cadre de la procédure de licenciement.
Certains d'entre eux assuraient toutefois jusqu'à présent le maintien temporaire d'installations. Leur départ accélère donc la mise à l'arrêt du site, classé Seveso.
Un incident lors d'une purge à Tarascon
Le tribunal a également mandaté Realtec, spécialisé dans les opérations d'arrêt de sites industriels, pour conduire cette phase avec des salariés volontaires connaissant les installations. Les interventions comprennent notamment des opérations de vidange et de purge qui doivent être réalisées selon un ordre déterminé.
"La mise à l'arrêt d'un site industriel de cette nature nécessite un accès continu aux installations et le respect d'un séquencement technique précis", souligne Fibre Excellence, dans un communiqué. Mais selon le papetier, "les difficultés d'accès au site rencontrées ces derniers jours par les équipes mandatées ont perturbé le calendrier initialement prévu et complexifié la conduite de certaines opérations de sécurisation", sans préciser la nature de ces difficultés.
Mardi 1er septembre, au soir, pendant cette période de transition, un incident est survenu : lors une purge, environ 6 m3 d'effluent industriel se sont écoulés de manière imprévue. Ils ont été contenus dans le dispositif de rétention puis dirigés vers la station de traitement des effluents de l'usine. Les secours et les autorités se sont rendus sur place pour effectuer des vérifications.
"Aucun rejet dans le milieu naturel ni aucune pollution n'ont été constatés", affirme Fibre Excellence. Le papetier estime que cet incident "rappelle précisément la nécessité de conduire les opérations de vidange, de purge et de sécurisation du site dans un cadre pleinement maîtrisé, avec un accès permanent aux installations pour les équipes spécialisées".
L'arrêt définitif et la sécurisation de Tarascon doivent désormais se poursuivre sous la responsabilité du liquidateur judiciaire et en lien avec les services de l'État.
Saint-Gaudens suspendu à la décision du tribunal
Pendant que Tarascon entre dans cette dernière phase industrielle, l'avenir de l'autre usine de Fibre Excellence reste ouvert. Les sites de Tarascon et Saint-Gaudens avaient été placés en redressement judiciaire fin avril. L'actionnaire indonésien Jackson Wijaya avait auparavant injecté près de 300 millions d'euros avant de renoncer à apporter de nouveaux fonds, invoquant le manque de rentabilité.
Le 27 juillet, le tribunal de commerce de Toulouse avait rejeté l'offre de reprise globale présentée par Matthieu Pigasse avec le soutien des régions Occitanie et Provence-Alpes-Côte d'Azur. Tarascon avait été placé en liquidation judiciaire tandis que Saint-Gaudens obtenait un délai supplémentaire.
Une nouvelle offre a été déposée le 24 août pour l'usine haut-garonnaise, qui compte aussi 270 salariés. Porté par plusieurs industriels et déposé par l'intermédiaire de l'Agence régionale des investissements stratégiques, gérée par la Région Occitanie, le projet comprend notamment Soprema. Selon Le Figaro, un industriel européen prendrait en charge l'activité de pâte à papier tandis que Soprema développerait d'autres activités sur le site.
Le tribunal de commerce de Toulouse doit examiner cette offre le 8 septembre. D'ici là, les deux anciennes composantes industrielles de Fibre Excellence suivent donc des trajectoires opposées : Tarascon organise son arrêt définitif tandis que Saint-Gaudens conserve une possibilité de poursuivre sa production.









