Après avoir sauvé Sodipa Emballages une première fois, Didier Rio repart au combat

Didier Rio
Didier Rio

Trois innovations prometteuses, une équipe resserrée et un chiffre d'affaires stabilisé. Didier Rio aborde le redressement judiciaire de Sodipa Emballages avec la conviction de pouvoir tourner la page de plusieurs années de turbulences.

Après plusieurs années de turbulences, Sodipa Emballages veut tourner la page. Placée en redressement judiciaire le 3 juin 2026, l'entreprise située à Guérande en Loire-Atlantique spécialisée dans l'emballage papier parafiné pour les métiers de la viande, du poisson et de la charcuterie a elle-même sollicité cette procédure afin de restructurer sa dette. Avec un chiffre d'affaires stable de 1,4 million d'euros et plusieurs innovations en cours de lancement, son dirigeant Didier Rio se montre confiant pour la suite.

Un euro symbolique et sept millions d'euros de dettes

Et bien que le redressement judiciaire peut donner une impression de déjà-vu, Didier Rio insiste sur un point : cette situation n'a rien à voir avec celle de 2012. À l'époque, il s'agissait de traiter les dettes héritées de l'ancien propriétaire.
Lorsque Didier Rio reprend Sodipa en 2012 pour un euro symbolique, l'entreprise a alors un passif de 7 millions d'euros et des comptes dans le rouge de 2 millions d'euros par an. "Après un travail de dingue, nous avons réduit la dette à 5 millions d'euros et retrouvé l'équilibre en 2017" souligne le dirigeant.

Mais c'est insuffisant. L'entreprise est placée en redressement judiciaire en 2017. Considérant que le passif ne relevait pas de la direction actuelle, le tribunal de Commerce valide alors la reprise par Didier Rio, le libérant par la même occasion des dettes de l'ancien propriétaire.

Quand les difficultés s'accumulent malgré le retour à l'équilibre

Avec des compteurs remis à zéro en 2018, Sodipa retrouve une situation saine. L'entreprise doit cependant faire face à de nouvelles difficultés en 2022 lorsque le locataire d'une partie de l'atelier, une grande association, cesse de payer son loyer tout en continuant d'occuper les lieux. Puis la guerre en Ukraine provoque une hausse de 30 % du prix du papier, hausse impossible à répercuter sur les clients. Et en 2024, survient un accident du travail au cours duquel Didier Rio perd une partie de sa main.

Aujourd'hui, Sodipa fonctionne parfaitement bien avec un chiffre d'affaires de 1,4 million d'euros et quatre personnes. Didier Rio et son comptable estiment pouvoir rembourser les dettes sur cinq ans. "Et nous avons payé tous nos fournisseurs et tous les salaires."

Une petite équipe qui croit en son avenir

"C'était le bon moment pour ce placement en redressement judiciaire. Malgré cette procédure, nous sommes en bonne position. Nous avons une toute petite équipe, soudée, nous avons réduit nos dépenses, un chiffre d'affaires stable et plusieurs innovations à lancer sur le marché."

Il a notamment divisé ses dépenses énergétiques par six grâce à l'installation de led et à un décalage des horaires de fonctionnement des machines les plus consommatrices d'électricité. L'équipe est passée de sept personnes à quatre.

Sodipa est en période d'observation jusqu'au 3 décembre 2026. "Le tribunal va regarder notre activité, notre masse salariale et nos marges. Nous sommes confiants." Ainsi Sodipa espère ainsi obtenir un échelonnement de sa dette et mettre fin aux pénalités de retard qui continuent de s'accumuler.

Trois nouveaux produits pour écrire la suite

Didier Rio espère également que cette procédure permettra d'éclaircir deux problèmes juridiques, les loyers et prestations impayés de l'association, qui a par ailleurs déjà été condammé pour d'autres faits à l'égard de Sodipa, et un problème de sous-location non autorisée du site.

Mais loin de se contenter de stabiliser l'activité, le chef d'entreprise guérandais prépare le lancement de trois nouveaux produits et vise une progression de 20 % de son chiffre d'affaires d'ici trois ans.

Sodipa a développé une offre spécifique pour les acteurs de la boucherie halal, qui fonctionne très bien.
L'entreprise a aussi créé des sticks de fleur de sel de Guérande, comme des sticks de sucre mais pour les poissonniers, bouchers et charcutiers. Ce sel de Guérande permet aux professionnels d'accompagner leurs produits jusque dans l'assiette. "C'est une toute nouvelle offre, lancée il y a un mois et demi à peine, qui combine un beau produit de la région avec le savoir-faire des métiers de bouche."
Sopida propose également un emballage en papier pour le gros sel. Ce sac en papier avec une fine couche de PE réduit de près de 11 fois la quantité de plastique nécessaire pour ce type de produit.

Entre l'assainissement financier, ces nouveaux produits et les contentieux qu'il espère voir réglés, Didier Rio regarde déjà au-delà de la période d'observation.
"J'ai bien l'intention de fêter les 80 ans de Sodipa l'an prochain !"

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