Travailleur indépendant (vol 1) - quel statut choisir ?

Que l'on préfère se qualifier de libéral, d'indépendant ou du terme plus tendance de free-lance, la réalité socio-juridico-professionnelle est la même. Prenez donc bien note de ce qui suit si vous désirez vous installer...

Commençons par un cas à part exemplaire : les journalistes. Un journaliste est, par définition, un salarié. Conséquence : même "indépendant", il devra toujours se faire délivrer un bulletin de paie par son employeur - même si ce dernier est occasionnel. Ce bulletin de paie mentionnera, bien entendu, les diverses charges sociales (vieillesse, prévoyance, maladie pour l'essentiel) dont cet employeur se sera acquitté en son nom. Notre journaliste indépendant n'aura donc rien d'autre à faire que de porter son chèque à sa banque pour être en règle avec la loi.

Pour toutes les autres professions, il n'en est pas de même. Dans le cas d'un graphiste, par exemple, être indépendant signifie, bien au contraire, que l'on n'est pas salarié et que l'on devient, en un mot comme en cent, son propre employeur.

Cette distinction est d'importance car elle présuppose que notre graphiste, s'il travaille en indépendant (*), va désormais devoir s'acquitter de charges qui incombaient normalement à l'employeur auquel il vient d'envoyer sa lettre de démission.

Un interlocuteur : le CFE Que l'on crée son entreprise ou que l'on devienne indépendant, la première des démarches est de se rapprocher du Centre de formalités des entreprises ( en abrégé : CFE) dont on dépend. Il en existe spécialement pour ceux, artisans ou commerçants, qui veulent créer une société à responsabilité limitée (Sàrl) ou une société anonyme (SA) par exemple.

Ces CFE sont alors généralement situés à la même adresse que les CCI (Chambre de commerce et d'industrie) qui les hébergent. Les travailleurs indépendants, eux, ont les leurs, de CFE, et ce sont les caisses d'Urssaf qui les animent.

L'Urssaf, parce que ce rôle lui incombe donc, vous renseignera complètement sur les démarches à effectuer pour devenir un indépendant en règle avec la loi et, mieux encore, vous dispensera d'effectuer mille démarches auprès de tous les organismes sociaux dont vous dépendrez en faisant ces démarches pour vous. C'est le concept, génial pour une fois dans un pays pourtant tellement ancré dans les paperasses, de la "démarche unique". Une fois que vous aurez satisfait aux demandes de l'Urssaf en termes de documents à fournir et de formulaires - pas si nombreux que celà - à remplir et à signer, vous retournez chez vous.

Et vous attendez.

Quelques temps plus tard (2 à 3 semaines), vous recevrez ce qui va vous permettre de facturer vos prestations à vos clients - n'oubliez pas que vous êtes devenu votre propre employeur. Vous recevez, donc, votre numéro de Siret, votre numéro de Siren et votre code NAF (ou APE). Le numéro de Siret vous identifie comme travailleur indépendant; le numéro de Siren, peu utile dans votre cas, identifie l'établissement (on comprend que c'est un numéro particulièrement adapté aux sociétés qui disposent de plusieurs sites de production, par exemple).

Le code NAF, ou APE, est tout simplement le code de votre activité à l'Insee.

(*) Nous traitons uniquement ici le cas d'une création d'activité indépendante sans création d'entreprise du type Sàrl, Eurl, SA, etc. laquelle serait notamment habilitée à rémunérer sous forme de salaires mais dont la finalité est quelque peu différente.

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