Mayence, un an après sa mise en redressement judiciaire

Xavier de Fouquières, le président de Mayence. © Mayence

Xavier de Fouquières, le président du print manager Mayence, placé en redressement judiciaire en janvier 2015, fait le point sur la santé de son entreprise et sur les conséquences de cette procédure. Sans détour et chiffre à l'appui.

Le print manager Mayence a été placé en redressement judiciaire en janvier 2015, avec une dette fournisseurs de 4,1 millions d'euros. Basé à Levallois-Perret dans les Hauts-de-Seine, le groupe spécialisé dans la gestion des commandes des imprimés des sociétés, était implanté dans une dizaine de pays en Europe. Il proposait ses services, en sous-traitant aux imprimeurs, de publicité sur lieu de vente (PLV), de marketing direct, d'objets promotionnels et autres outils de communication à l'instar d'Altavia.

Les raisons de cette mauvaise situation financière

Trois raisons ont mené Mayence France et Mayence à cette procédure judiciaire. La première est la perte de deux gros clients, Nestlé France et GSK Europe, due à un concours de circonstances. "La perte de nos principaux comptes d’outsourcing, Nestlé France (client depuis 14 ans, ndlr) et GSK Europe (8 ans, ndlr) a mis Mayence dans une situation financière très tendue avec le départ brutal de près de 40 % de son CA," reconnaît Xavier de Fouquières, le président de Mayence. La deuxième raison est "un mauvais choix de ma part" concède-t-il. Et la troisième est un rapprochement échoué avec un grand acteur des arts graphiques, dont les négociations auraient paralysé le groupe pendant six mois.

Fermeture des filiales dans cinq pays

Tout cela conduit Mayence et Mayence France au tribunal de Commerce de Nanterre en janvier 2015. "Nous avons dû alors faire un certain nombre de choix." Les filiales non rentables sont fermées : en Angleterre, Pologne, Allemagne, Italie et Belgique.

Le chiffre d'affaires est divisé par deux, passant de 52 millions d'euros à 25 millions, réalisés avec Mayence France et les deux dernières filiales de Mayence situées en Espagne et au Portugal.

Après une période d’observation de deux mois et demi, le juge accepte de placer Mayence en plan de continuation en mars 2015. 

Le remboursement de la dette échelonné

"Nous avons présenté un plan de continuation qui montre un remboursement à l'ensemble des fournisseurs," souligne Xavier de Fouquières. Le plan de continuation permet, entre autres, au chef d'entreprise de reprendre les rênes de son établissement et d'apurer les dettes grâce notamment à un échelonnement. Ce plan et donc la dette envers ses fournisseurs de 4,1 millions d'euros, se déroule sur neuf ans, avec un premier remboursement annuel de 450 000 euros.

Une réorientation stratégique complète

La direction a également remis à plat sa stratégie. "Nous nous sommes orientés vers l'offre la plus dynamique. Nous accentuons davantage notre offre sur le savoir-faire reconnu par nos clients et nos propects, qui est beaucoup plus tournée vers le PLV, display et merchandising, et moins printing, c'est-à-dire vers tout ce qui est 3d et des prototypes. Nous sommes revenus à notre valeur ajoutée qui dégage de la marge." La branche objets promotionnels, Mayence Gift and Premium, a aussi été stoppée.

Sur la bonne voie ?

"Cette approche a reçu un accueil favorable : forte demande du marché pour une centrale "projets complexes" et soutien indéfectible de nos fournisseurs," affirme le président. "Actuellement nous collaborons avec de nombreuses marques en tant que "preferred supplier". L’image de Mayence et de son savoir-faire en Masstige, Cosméto, Parapharmacie, FMCG nous aide dans notre redéploiement commercial."

Le chiffre d'affaires annuel prévu à juin 2016 est de 18 millions d'euros avec un résultat net de 200 000 euros et pour 2017, la direction table sur un résultat net de 585 000 euros. "Je vois l'avenir de manière beaucoup plus sereinement qu'il y a un an" confie Xavier de Fouquières.

 

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Reportage : Mayence

Le print manager Mayence (92) en redressement judiciaire

Verbatim - En redressement judiciaire, plan de continuation ou vente ?