Print vs numérique, quelles perspectives pour la presse périodique ?

Si la diffusion print continue à décliner face à l'essor du numérique, le magazine papier garde de nombreux atouts.

La presse papier face à la concurrence du numérique

En 2015, la production de périodiques est en baisse pour la quatrième année consécutive avec -4,3 % (-3 % en 2014), d’après le dernier rapport de l’Institut de développement et d’expertise du plurimédia (Idep) sur les marchés de la communication graphique.

Le magazine papier subit la concurrence des médias numériques, auprès des lecteurs et des annonceurs. Les éditeurs sont ainsi confrontés à la baisse des ventes et des recettes publicitaires.

Les éditeurs réduisent les coûts et investissent dans le numérique

Pour faire face à cette situation, explique l’Idep, les éditeurs mettent en place une série de mesures visant à réduire les coûts (réduction des tirages, des formats, du grammage papier, fusion des titres, réduction de la périodicité, réorganisation interne, externalisation des services, plans sociaux… etc.)

Les éditeurs continuent à investir dans le numérique même si, pour l’instant, les revenus qu’ils génèrent sont très loin de compenser les pertes de revenus print, souligne l’Institut.

Les atouts du papier

Le papier garde de nombreux atouts, rappelle l’Idep. Pour la publicité, il permet de valoriser le produit et d’apporter un plus, comme l’ajout d’échantillons. Au contraire, la publicité en ligne est souvent perçue comme agressive par les internautes, qui sont de plus en plus nombreux à se munir de bloqueur de publicité (adblock).

Autre avantage du papier, il offre un temps de déconnexion dans un environnement hyper connecté. Il permet aux marques de maintenir un lien tactile avec le client. De plus en plus, le magazine se développe en qualité, comme un bel objet. Il n’est pas rare de voir des pureplayers, nés sur le net, lancer leur propre magazine, comme As You Like, qui met sur papier les contenus les plus intéressants issus de blog.

Contenus personnalisés

Les contenus personnalisés sont également en vogue, notamment dans la presse locale, qui expérimente la personnalisation de contenus rédactionnels et publicitaires, afin de créer un journal spécifique pour chaque lecteur.

Sogemedia, l’un des plus importants groupes de presse régionale en France, a acquis dans ce but une rotative numérique Kodak Propser 600C, complétée par une ligne de finition Manroland, afin de produire du contenu à donnée variable, c’est-à-dire adapté aux différents lecteurs et lieux de distribution. Inspiré de l’expérience numérique, ce nouveau mode d’impression doit permettre aux lecteurs de personnaliser leur journal papier de la même manière qu’on peut aujourd’hui le faire sur une tablette.

Le papier est donc loin d’avoir dit son dernier mot et offre des perspectives intéressantes. Toutefois, dans un avenir proche les volumes devraient continuer de baisser conclut l’Idep, du fait à la fois du transfert des recettes publicitaires vers d’autres canaux, et de l’essor du digital comme source d’information.

Plus d'articles sur les chaînes :

Réagir à cet article :
Ajouter un commentaire...