Un autographe d'un grand imprimeur adjugé 17 000 euros aux enchères

Le carnet datant du 16e siècle contient 11 autographes d'humanistes, dont celui du célèbre imprimeur Christophe Plantin. Il a été acheté par le musée du même nom, installé à Anvers.

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Un carnet contenant des autographes d’humanistes du 16e siècle, dont l’imprimeur de renom Christophe Plantin a été mis aux enchères à l’Hôtel des Ventes de Tours lundi 6 février.

Estimé à 4 000 euros, l’ouvrage a finalement été adjugé 17 000 euros au marteau, soit près de 20 000 euros frais compris. Des acheteurs du monde entier (Belges, Hollandais, Israéliens…) étaient intéressés par l’ouvrage, mais c’est le musée Christophe Plantin, situé en Belgique, qui a remporté le carnet.

Un liber amicorum du 16e siècle

Ce petit ouvrage, avec sa couverture en peau de mouton, est un liber amicorum (livre d’amis en latin), soit un petit carnet vierge dans lequel on fait noter des signatures ou des pensées à des personnes célèbres.

Celui-ci date du 16e siècle et est rempli d’autographes de grands humanistes : Jean Bodin, Juste Lipse… et l’imprimeur Christophe Plantin. Il appartenait à un bourgeois d’Anvers (ville où Christophe Plantin avait son imprimerie) qui collectionnait les signatures des auteurs venant se faire imprimer chez Plantin.

Le carnet contient 11 autographes, mais c’est bien celui de Christophe Plantin qui a suscité l’intérêt d’acheteurs du monde entier.

L’ouvrage appartenait à un passionné d’imprimerie

Pierre Duchemin, libraire et expert en livres anciens, a découvert le carnet lors d’une vente pour cinq héritiers dans une grande propriété 18e près de Tours :

"Il y avait 20 bibliothèques de livres. J’ai découvert le carnet au milieu d’autres livres anciens. Le propriétaire, aujourd’hui décédé, avait une entreprise familiale de fabrication de papiers dans l’Isère ou dans les Alpes et vendait son papier à beaucoup d’imprimeries en France dans les années 1950/1960.

C’est sans doute de par sa profession qu’il s’est intéressé au papier et aux origines de l’imprimerie. Apparemment, il avait acquis le carnet en 1976 à l’Hôtel des Ventes de Tours pour la somme de 506 francs."

On ne sait pas comment l’ouvrage est arrivé à Tours dans les années 1970 mais ce n’est sans doute pas une coïncidence puisque l’imprimeur Christophe Plantin était né dans la région.

Christophe Plantin, l’imprimeur des humanistes

Né à Saint-Avertin, près de Tours, Christophe Plantin a grandi Lyon, Paris, Orléans et Caen où il a appris le métier avec le célèbre imprimeur et typographe Jean Macé.

Il est arrivé à Anvers vers 1549, ville qui était alors un grand centre intellectuel où était imprimée la pensée, la réforme et l’humanisme. On y imprimait sous le manteau les écrits de Luther...

Très vite, Christophe Plantin s’est entouré d'intellectuels, comme le penseur et écrivain Jean Bodin ou le cartographe Ortelius.

"Il avait une production énorme", explique Pierre Duchemin. "À une époque, il imprimait près d’un livre par semaine. Il a imprimé 250 livres en quelques années."

L’atelier d’imprimerie de Christophe Plantin, à Anvers, a continué à produire durant trois siècles, jusqu’en 1876. Le dernier descendant a vendu l’atelier à la ville d’Anvers qui en a fait un musée.

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