Interview : Le Club des DA, une association pour valoriser la filière des industries créatives

Gilles Deléris est membre du Club des Directeurs Artistiques, cofondateur de l'agence W et professeur à SciencesPo Paris.

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Le Club des DA, une société d'encouragement pour promouvoir le meilleur de la création publicitaire.

Comment est né le Club des directeurs artistiques ?

Gilles Deléris - C’est une association qui a été créée par des publicitaires, il y a près de 50 ans. Le premier objectif du Club était de refléter la publicité dans ce qu’elle produisait de meilleur, à une époque où cette discipline n’avait pas d’existence claire.

De grandes agences avaient ouvert la voie de ces métiers, et quelques-uns de leurs collaborateurs, directeurs artistiques et concepteurs-rédacteurs se sont mis en tête de valoriser sa dimension créative.

C’est le socle sur lequel s’est construite la légitimité de la création. Personne aujourd’hui ne le conteste, lorsqu’elle est mise au service du commerce, la création fait vendre.

Quels profils font aujourd’hui partie du Club des DA ?

GD - L’association accueille très majoritairement les talents créatifs. Il s’agit donc essentiellement de directeurs artistiques, concepteurs-rédacteurs, illustrateurs, photographes, acheteurs d’art, graphistes, designers.

Ils produisent des idées et des formes adéquates aux messages qui sont adressés aux différents publics. Ce sont les "makers" de nos professions, des personnes qui produisent, qui "craftent", fabriquent. Ce sont des artisans d’exception dans un environnement économique très concurrentiel.

Quelles sont les missions de l’association ?

GD - Bertand Suchet le dit très bien : c’est une société d’encouragement comme on pouvait l’entendre au début du 20e siècle. Il s’agit de promouvoir le meilleur de la création publicitaire sous toutes ses formes afin de créer les conditions optimums d’exercice de nos métiers.

Ces dernières années, à la faveur de l’irruption du numérique dans nos environnements, les cloisons interdisciplinaires ont volé en éclat. La place et l’influence respective des métiers ont été modifiées. Le CDA a souhaité élargir le champ des compétences à un ensemble beaucoup plus vaste (presse, radio, télé, cinéma, internet, affichage, digital...), et au meilleur de la création dans les domaines des arts appliqués comme le design, la typographie, l’édition ou le son.

Le Club veille également à la meilleure représentation des professions concernées, au moyen d’expositions, de publications, de conférences, destinées à accroître la notoriété de la création française dans tous ses métiers.

Et enfin, ou surtout, le Club organise un concours annuel réservé aux professionnels destiné à primer les meilleurs travaux de création. Ce concours, depuis plusieurs années intègre désormais un volet réservé aux étudiants en arts appliqués en partenariat avec JCDecaux. C’est devenu le rendez-vous annuel pour les écoles d’art qui y consacrent une part importante de leur programme et mobilise beaucoup d’énergie.

Ces deux initiatives sont essentielles. Elles stimulent l’ensemble de la profession et encouragent les jeunes à s’engager dans le secteur des industries créatives. Les palmarès font l’objet chaque année de l’édition du Livre du Club des Directeurs Artistiques, véritable bible créative de la profession. Y figurer est une vraie récompense.

Enfin, depuis quelques années, le CDA décerne le prix de l’annonceur de l’année, celui dont les professionnels de la création estime qu’il a été le plus contributeur par l’ensemble de ses actions à l’émergence d’un produit créatif de grande qualité. Cette année France Télévisions a été récompensée pour son travail sur France Info.

Parallèlement vous êtes directeur d’une agence ?

GD - Je suis cofondateur de l’agence W. C’est une agence hybride qui associe stratégie et création. Nous sommes 150 collaborateurs animés d’une idée simple : ne négliger aucun point de contact entre la marque et ses clients.

J’enseigne également à SciencesPo Paris à des élèves qui seront demain soit nos clients, soit nos collaborateurs. Le semestre consiste en une sorte de travail d’acculturation pour des étudiants très outillés intellectuellement, mais qui n’ont pas forcément été confrontés à l’analyse sensible des signaux émis par les entreprises.

Il s’agit de leur donner les bases d’une culture pop sur les marques, les signes et les langages qu’elles émettent, de quoi leur permettre de comprendre et d’analyser ce qu’ils auront à produire ou à défendre lorsqu’ils auront quitté l’école. Puis nous les projetons dans un univers plus actuel, pour les rendre aptes à décrypter les tendances émergentes. Nous faisons en sorte collectivement d’activer les deux hémisphères de nos cerveaux !

Gilles Deléris lors de la remise des prix étudiants du Club des DA.

 

Vos réactions
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Savage Cynthia 5 mois
Excellent article ! Dommage que cette association ne se trouve sur LinkedIn, à ma connaissance.

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