Interview : Xavier Rozé de l'imprimerie Marie nous parle de sa nouvelle activité d'éditeur

Comme premier ouvrage, les Edtions Kiro publient un livre évènement sur Maurice Béjart.

Le
Xavier Rozé dirige l'imprimerie Marie à Honfleur (14).

L’imprimerie Marie, installée à Honfleur dans le Calvados (14), se lance dans une nouvelle aventure en créant sa propre maison d’édition. Xavier Rozé, gérant de l’imprimerie depuis 2007, nous en dit plus…

Graphiline – Comment a démarré votre nouvelle activité d’éditeur ?

Xavier Rozé – J’ai créé une société d’édition en avril dernier qui s’appelle Editions Kiro. Ce projet est né d’une rencontre avec François Paolini, le photographe de Maurice Béjart. À l’époque, je réfléchissais déjà à créer une maison d’édition et j’ai eu l’occasion d’imprimer un livre pour François Paolini, pour la Fondation Maurice Béjart à Lausanne.

Au fur et à mesure de nos rencontres, j’ai été séduit par le personnage et par sa carrière exceptionnelle. Par la suite, François Paolini m’a proposé de sortir un livre évènement avec lui pour le dixième anniversaire de la mort de Maurice Béjart.

Les Editions Kiro ça sonne un peu japonais ?

Oui, tout à fait. En plus du livre, nous sommes en train de monter une exposition sur Honfleur avec François Paolini. Quelques-unes de ses photos seront exposées. Le 20 novembre prochain, la télévision japonaise y fera un reportage en duplex avec Tokyo où sera donné un grand spectacle pour la date anniversaire de la mort de Béjart.

Comment trouvez-vous le temps de faire tout ça ?

J’ai énormément travaillé ces derniers mois et j’ai passé mes vacances à travailler sur un autre projet.

Pouvez-vous nous en dire plus ?

C'est un projet né d’une rencontre également, avec deux femmes militaires qui m’ont proposé une idée. Il s’agit d’une idée de calendrier didactique et interactif entre les enfants de militaires et les parents militaires qui sont envoyés en opération extérieure ou en opération intérieure et qui sont donc absents de la maison de 4 à 6 mois.

Nous créons un calendrier "do it yourself" (à fabriquer soi-même), destiné aux enfants. Ce calendrier permettra à l’enfant de raconter sa vie au jour le jour, par exemple avec des stickers correspondants (je suis malade, j’ai été au cinéma, etc.). L’enfant pourra ainsi montrer à son parent, quand il revient de mission, ce qu’il a fait pendant son absence. C’est une belle façon de créer du lien, et pour l’enfant, de matérialiser le nombre de jours d’absence. Le calendrier sera livré en kit et ce sont les parents et les enfants qui se chargeront de le réaliser.

Les calendriers seront en vente cette année ?

Oui dès le 1er décembre. Nous commençons à produire au mois d’octobre. Nous avons déjà une prévente qui assure le financement de l’opération.

Au-delà de l’intérêt artistique et humain de ces projets, pour vous, en tant qu’imprimeur, est-ce que c’est rentable ?

Oui c’est rentable. C’est peut-être un peu plus risqué pour le livre de Maurice Béjart, mais nous faisons des souscriptions qui, nous l’espérons, permettront de financer complètement l’opération.

Vous imprimez combien d’exemplaires ?

Pour le livre de Béjart, il y aura un premier tirage de 3 000 exemplaires et pour les calendriers ça va de 3 000 à 40 000. Je ne peux pas en dire plus pour l’instant, mais si ça s’avère être 3 000 ça financera déjà l’opération.

Nous avons de grands projets de développement. Ce premier modèle est destiné aux familles de militaires, mais nous allons l’étendre à d’autres métiers, et à l’export.

Quelques chiffres sur l’imprimerie ?

Nous sommes une équipe de 12 personnes et cette année nous devrions réaliser un chiffre d’affaires d’environ 1,5 million d’euros. Nous réalisons environ 40 % du CA dans le domaine de l’art (beaux livres, catalogues, pour les galeries, commissaires-priseurs, etc.) et les 60 % restants dans des produits standards d’imprimerie de labeur.

Comment êtes-vous équipé ?

Nous travaillons en LED-UV avec une presse RMGT. J’ai acheté une machine dans un format 58 78 et je propose un éco-concept. Ça consiste à réaliser un format A4 qui fait 85 % du A4. Grâce à ce format réduit, je peux imprimer 8 poses et faire des cahiers de 16 pages avec une petite machine.

C’est plus vraiment du A4 alors ?

Ce n’est plus du A4, mais ça fonctionne très bien. Beaucoup de collectivités locales avec qui nous travaillons ont basculé dans ce format parce que nous consommons moins de papier, ça coûte moins cher en transport, moins cher en routage, etc.

Ça correspond à quoi comme format ?

Ça fait 18,5 par 27,5 cm au lieu de 21 29,7 cm qui est le format A4.

Vous imprimez donc les livres en LED-UV ?

Suivant les quantités, je peux faire du livre à la demande avec du matériel numérique, mais le livre de Béjart et les calendriers sont imprimés sur la presse LED-UV. 

Vous aviez déjà imprimé des livres avant de créer votre maison d’édition, est-ce que vous allez les intégrer aux Editions Kiro ?

Oui, ça me permet d’avoir de la consistance parce que créer une maison d’édition du jour au lendemain ce n’est pas évident.

D’autres projets ?

Avec François Paolini, j’ai déjà deux autres livres programmés, pour l’année prochaine et l’année d’après. Au départ, je ne connaissais pas grand-chose à la photographie et à la danse classique, mais plus je découvre son travail, plus ça me passionne.

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