Le carton ondulé poursuit son allègement. Carton Ondulé de France indique que le grammage moyen des emballages est passé de 580 g/m2 en 1995 à 487 g/m2 en 2025, soit une baisse de 16 %. Après plusieurs années de réduction continue, le niveau se stabilise désormais autour de ce seuil.
L'organisation professionnelle, qui représente plus de 80 % de la filière française des fabricants de carton ondulé, relie cette évolution à un travail de long terme sur l'éco-conception des emballages. La filière explique avoir consacré plus de 100 000 études et déposé 500 brevets en dix ans pour faire évoluer les conceptions des emballages et réduire les volumes.
Et cette stratégie se poursuit alors que les industriels du papier et de l'emballage traversent une période tendue. Le secteur fait en effet face à une demande insuffisante dans plusieurs marchés clients, à des coûts élevés de l'énergie et des matières premières et à une visibilité économique réduite.
Réduction des volumes et adaptation au e-commerce
En 2025, la filière a déposé environ 19 brevets, portant notamment sur la réduction des espaces vides et l'adaptation des formats aux nouveaux usages comme l'e-commerce.
Carton Ondulé de France souligne que ces évolutions anticipent les futures exigences européennes. Les règlements prévoient notamment un plafond de 50 % de vide dans les emballages de transport et de distribution à l'horizon 2030.
Les fabricants travaillent également sur les emballages monomatériaux, l'usage d'encres à l'eau et la réduction des quantités de colle pour améliorer la recyclabilité des produits.
Un modèle fondé sur les fibres recyclées
La filière rappelle que le carton ondulé est fabriqué en moyenne avec plus de 90 % de fibres recyclées. Le taux de recyclage des emballages papier-carton s'établit à 94,8 % en 2023 selon l'Ademe.
Philippe Durand, président de Carton Ondulé de France, estime que "la filière du carton ondulé démontre chaque jour qu'il est possible de conjuguer innovation, éco-conception et performance environnementale". Il appelle toutefois à un cadre réglementaire "adapté à nos réalités industrielles" dans un contexte économique qu'il juge difficile. "Piloter une filière industrielle comme la nôtre, avec une approche théorique, voir dogmatique, n'est plus ni envisageable, ni possible, si l'on souhaite préserver notre tissu économique national."









