Billets de banque : le format carte bancaire s'invite dans les réflexions du secteur

Réduit au format d'une carte bancaire, le prototype Stella ne mise pas uniquement sur la sobriété des matériaux. Présenté par Bundesdruckerei, ce billet expérimental concentre sur une surface réduite de nombreuses technologies d'impression et de sécurité, dont l'impression RVB de Lorenz Boegli.

Un billet de banque à peine plus grand qu'une carte bancaire. C'est le concept présenté par Bundesdruckerei. L'imprimeur de sécurité allemand, qui produit notamment des documents d'identité et des méthodes de paiement sécurisées, explore ici une réduction drastique du format des billets afin de limiter la consommation de matières premières et d'énergie.

Présenté lors de la Banknote Conference à Washington, ce prototype baptisé Stella au format 85 × 54 mm adopte des dimensions proches de celles d'une carte bancaire, tout en conservant les fonctions d'un billet moderne. Ce billet à fond noir est constitué d'un substrat polymère fabriqué à partir de matières premières renouvelables non fossiles.

Avec ce nouveau billet, Bundesdruckerei poursuit les travaux engagés avec la série Ex Nihilo, qui explore des solutions inédites pour répondre aux nouvelles exigences monétaires en collaboration avec un groupe de partenaires industriels de premier plan.

Adrian Heuberger-Lewerenz, responsable de la conception de ces billets expérimentaux, explique que la réflexion porte sur l'évolution du rôle des coupures fiduciaires dans un environnement où les moyens de paiement numériques gagnent du terrain. "Des approches innovantes en matière de conception sont nécessaires pour que les espèces puissent continuer à remplir ces fonctions fondamentales", indique-t-il.

Le design graphique de Stella s'inspire des étoiles et de l'origine du carbone. Le billet ne présente aucune bordure blanche, ce qui permet d'y intégrer des éléments de sécurité. Malgré la réduction du format, le prototype rassemble de nombreux dispositifs de protection visuels et techniques destinés à préserver sa fonctionnalité, indique son concepteur.

Tout d'abord, Bundesdruckerei a eu recours à la technologie RVB mise au point par l'atelier suisse Lorenz Boegli, que nous avions présentée en 2017. Le fabricant allemand explique que le support noir absorbant la lumière de manière particulièrement importante, l'impression a été réalisée avec des pigments irisés de Susonity qui réfléchissent la lumière au lieu de l'absorber. Cette technologie RVB, brevetée et encore inédite dans l'univers des billets de banque, permet ainsi de créer les effets visuels du prototype sur un fond noir.

De plus, en collaboration avec Leuchtstoffwerke Breitungen, ce billet présente une protection infrarouge sur fond noir grâce à une encre spéciale révélant un visage lorsqu'elle est exposée à une led de longueur d'onde spécifique.
Ce billet possède aussi en son centre une fenêtre, qui, lorsqu'elle est éclairée, projette une image dynamique sur la surface en dessous, à la manière des ondulations qui dessinent un motif au fond d'une piscine.
Il a aussi bénéficié de la technologie Susi Optics Jazz de Koenig & Bauer. Lorsque le billet de banque est incliné, des reflets apparaissent, révélant le mouvement des motifs, même sous lumière UV.
Et les bords du billet possèdent des encoches distinctives permettant aux mal voyants et non-voyants de reconnaitre par le toucher sa valeur.

Stella succède à Ignis dévoilé en 2024. Ce prototype se distinguait notamment par l'utilisation d'un support papier noir et par l'intégration d'une puce extrêmement fine directement dans le billet. IGNIS avait obtenu un Excellence in Currency Award décerné par l'International Association of Currency Affairs.

Stella figure à son tour parmi les projets retenus pour l'édition 2026 de ces récompenses, dans la catégorie "Best New House Note". Bundesdruckerei indique déjà que deux autres prototypes de la série seront dévoilés lors de prochains rendez-vous du secteur.

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