UPM-Sappi : la coentreprise menacée par un possible veto de Bruxelles

© Sappi

À moins de deux mois de la décision de Bruxelles, le projet de coentreprise entre UPM et Sappi entre dans une phase décisive. Les inquiétudes de la Commission sur la concurrence dans les papiers graphiques n'ont, à ce stade, pas été levées.

Le rapprochement entre UPM et Sappi dans les papiers graphiques est sérieusement menacé. Selon Reuters, qui cite plusieurs sources proches du dossier, la Commission européenne s'orienterait vers un veto au projet de coentreprise porté par les deux papetiers. Aucune décision officielle n'a toutefois encore été rendue.

D'après l'agence de presse, UPM et Sappi n'auraient pas proposé de mesures correctrices suffisantes pour répondre aux préoccupations de Bruxelles. Les deux groupes n'auraient pas non plus réussi à convaincre les autorités européennes lors d'une audition à huis clos organisée mi-septembre. La cession de certains actifs serait, par ailleurs, difficile à envisager faute d'acquéreur potentiel. Interrogés par Reuters, UPM et Sappi n'ont pas souhaité commenter ces informations.

Bruxelles craint une hausse des prix du papier

Les inquiétudes de la Commission européenne sont, elles, officielles. Dans une communication des griefs adressée aux deux groupes le 26 août, Bruxelles estime que leur rapprochement "pourrait restreindre la concurrence sur les marchés des différents types de papier de communication, utilisé pour les supports imprimés, tels que les magazines ou les livres".

La Commission pointe notamment les papiers couchés avec bois, utilisés entre autres pour les magazines, ainsi que les papiers couchés sans bois dans l'Espace économique européen (EEE), au Royaume-Uni et en Suisse. Elle estime que la future entreprise pourrait disposer d'un pouvoir de marché suffisant pour augmenter les prix, réduire le choix ou dégrader les conditions proposées aux clients.

Bruxelles indique également ne pas avoir été convaincue, à ce stade de l'enquête, que les économies de coûts, les bénéfices environnementaux et les gains de résilience avancés par UPM et Sappi suffiraient à compenser ces risques.

La Commission avait ouvert une enquête approfondie sur l'opération fin avril. Elle précise toutefois que la communication des griefs ne préjuge pas de sa décision finale, attendue au plus tard le 11 novembre.

Une opération valorisée à 1,42 milliard d'euros

UPM et Sappi avaient signé fin mai l'accord définitif portant sur la création de cette coentreprise détenue à parts égales. Elle doit réunir UPM Communication Papers et les activités européennes du papetier sud-africain dans les papiers graphiques. Ensemble ils cumulent 1,42 milliard d'euros.

Les deux papetiers continuent officiellement de défendre leur projet. Après la communication des griefs de Bruxelles, UPM indiquait rester convaincu de pouvoir répondre aux préoccupations de la Commission. Sappi soulignait de son côté que cette étape de la procédure ne préjugeait pas de l'issue finale de l'enquête.

Par ailleurs, les deux groupes continuent de préparer l'opération, UPM et Sappi ont nommé le 14 septembre quatre membres de la future équipe de direction de la coentreprise.

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