Six multinationales, et pas des moindres, ont décidé de mettre leurs moyens en commun pour développer des emballages souples en papier. Nestlé, Mars, PepsiCo, Unilever, Colgate-Palmolive et Procter & Gamble viennent de créer le consortium PaperFlex, sous l'égide de la Fondation Ellen MacArthur, avec l'appui de la structure française (Re)Set, spécialisée dans la transition environnementale.
Ensemble, ils vont s'attaquer aux petits emballages plastiques souples, comme les sachets individuels, les pochettes et les films qui emballent une multitude de produits alimentaires et d'hygiène.
Ces emballages sont particulièrement difficiles à collecter et à recycler. Le problème est encore plus important dans les pays où les infrastructures de gestion des déchets sont insuffisantes. C'est sur ces marchés que PaperFlex concentrera ses travaux.
Des performances, industrialisation et coût à travailler
Mais remplacer le plastique souple par du papier n'est pas si simple. Le papier doit offrir des propriétés de protection suffisantes pour préserver les produits, garantir leur durée de conservation et pouvoir passer sur les lignes industrielles de conditionnement.
"Les emballages souples en papier conçus de manière responsable n'existent pas encore avec les performances, à l'échelle et aux coûts requis", estime Sander Defruyt, responsable de la stratégie plastique à la Fondation Ellen MacArthur.
Les six industriels vont donc financer et mener ensemble des essais au cours des prochaines années. Les recherches porteront notamment sur les couchages biodégradables, les technologies permettant de protéger les produits et l'amélioration du comportement des matériaux à base de papier sur les lignes de conditionnement.
En mutualisant leurs recherches, les membres de PaperFlex comptent réduire les coûts de développement et accélérer les essais industriels. Chacun conservera toutefois son indépendance dans le choix de ses futurs emballages.
Des emballages en papier à la fois recyclables et biodégradables
PaperFlex impose une autre contrainte : les emballages développés devront pouvoir être recyclés lorsque les systèmes de collecte le permettent, mais aussi être biodégradables s'ils se retrouvent accidentellement dans la nature.
Cette double exigence découle d'un rapport publié par la Fondation Ellen MacArthur sur le remplacement des petits emballages plastiques souples par du papier. Soutenu par 48 industriels, ONG, investisseurs et universitaires, ce document définit six critères de conception, dont la recyclabilité, la biodégradabilité et l'approvisionnement responsable en fibres.
Les recherches devront également respecter les exigences de sécurité alimentaire, de qualité des produits et les réglementations en vigueur.
La Fondation Ellen MacArthur rappelle cependant que le remplacement du plastique par le papier ne suffira pas. La réduction des emballages de petit format, lorsque cela est possible, et le développement des filières de collecte et de recyclage restent nécessaires.
Le consortium PaperFlex est désormais ouvert à d'autres industriels, fournisseurs de matériaux, développeurs de technologies et investisseurs.







