L'uberisation de l'imprimerie en marche avec Cimpress ?

© Cimpress

Que peut bien cacher la nouvelle et grande réorganisation de Cimpress ?

Cimpress, l'imprimeur au chiffre d'affaires mirobolant de 1,8 milliard de dollars qui compte une vingtaine de marques dans le monde, dont Vistaprint (CA de 1,2 milliard de dollars) et le français Exaprint, a entrepris une grande réorganisation de son entreprise en décentralisant la majorité de ses opérations. 

D'ici la fin du premier trimestre 2017, les départements centraux du colosse de l'impression en ligne se limiteront aux activités d'approvisionnement global, de recherche de fournisseurs et de technologie de la plateforme de personnalisation de masse.

Mais que cache ce grand chamboulement ? Nous avons demandé à un responsable de Cimpress. Il nous rassure : "Cimpress va rester Cimpress. Il y a seulement eu un transfert de fonctions supports vers les business units (les marques du groupe, ndlr). Nous passerons de 33 % des emplois dans les fonctions supports à 3 %. Les fonctions supports concerneront tout ce qui est spécifique au groupe (les finances spécifiques au groupe, IT...) et toutes les autres fonctions partent chez les business units."

Et cela dans le but d'une gestion plus rapide : "Les business units auront toutes les ressources disponibles chez elles et pourront prendre toutes les décisions afin de mieux adresser leurs marchés respectifs. Cela leur permet d'être plus rapides et promeut l'esprit entrepreneurial."

Il ne nous donnera pas plus de détails sur le nouveau fonctionnement du groupe. Mais nous pouvons cependant nous attendre à – bien sûr – une concurrence accrue de la part de Cimpress... 

Avec cette nouvelle organisation, Cimpress crée une grande marketplace de l'imprimerie, une sorte d'Amazon de l'impression. Le groupe, qui dit vouloir gagner en "flexibilité", pourrait devenir une plateforme de l'impression qui centralise les demandes en se détachant de leur exécution. Les imprimeries du groupe, responsables de leur production pourraient ainsi faire appel à des prestataires extérieurs, sans se limiter à leur productivité, et ce, tout en maintenant les prix du groupe...

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Jean Bren - 14 Mars 2017
L'ubérisation est un concept déjà dépassé . Uber a fait quoi ? Casser les prix dans un secteur marqué par des prix élevés et/ou à fortes marges et Faire du neuf avec des vieux concepts. : rassemblement sur une plateforme de travailleurs indépendants, avec un vocabulaire mis à jour "startup" qui ne sont que le reflet de TPME avec un baby foot et de la junk food et des promesses de salaires pour faire passer la pilule des heures de travail sans limites payées au lance pierre.... Le phénomène est présenté comme une loi universelle par de nombreux acteurs économiques, quelque chose à quoi on ne pourrait pas couper. La vérité c'est que l'uberisation est aujourd'hui un micro phénomène. Le travail indépendant représente environ 11% des salariés en France et il est important de le rappeler c'est moins que dans les années 70. Seule une certaine catégorie de métiers est touchée mais tout n'est pas uberisable. Par exemple, on voit mal les emplois de conception ou les activités de production comme les imprimeries disparaître au profit de société comme Uber. Les groupes comme CIMPRESS veulent devenir numéro 1 pour piloter le marché et ensuite piloter les prix : leur part de marché dans un contexte très disputé et le régime actuel de chômage, salaires bas va dans ce sens. C'est parce que il y aune crise mondiale et un chômage de masse que le système fonctionne. Ce palliatif ne est qu'un report continuel vers l'affaissement des valeurs, du social,et de la dignité salariale .. Si CIMPRESS a pour objectif -comme cité par ND - de devenir AMAZON du print... L'enfer social est devant les salariés :licenciements,regroupement, profits et dividendes pour les actionnaires.
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