Rachat de Paris Normandie, le tribunal de commerce crée la surprise

L'offre de reprise du journal par le groupe belge Rossel, pourtant largement favorite, a été jugée insuffisante par le tribunal de commerce de Rouen.

Qui va racheter le journal Paris Normandie ? Le tribunal de commerce de Rouen a examiné jeudi 23 février pour la dernière fois les offres de reprise du quotidien Paris Normandie.

Contre toute attente, le tribunal de commerce de Rouen a jugé insuffisante l’offre de reprise de Paris Normandie par le groupe Rossel.

Le groupe belge, déjà propriétaire de plusieurs journaux français, dont La Voix du Nord, était pourtant favori pour le rachat du journal.

"Le quotidien normand ne devrait pas échapper à l’éditeur du journal Le Soir, qui multiplie les acquisitions en France et dont l’offre apparaît financièrement la plus solide", pouvait-on lire hier sur le site de France Info.

Mais le tribunal de commerce semble en avoir décidé autrement. "Il y a de fortes chances que ce soit le projet de continuité qui soit retenu", a déclaré à la presse Bernard Marchant, président de Rossel.

D'après l'AFP, qui évoque des sources concordantes, le tribunal serait effectivemment favorable au plan de continuation du propriétaire actuel. Le tribunal rendra sa décision le 15 mars.

Trois offres de rachat ont été présentées :

L’offre du propriétaire actuel et actionnaire unique de Paris Normandie, Xavier Elie, qui prévoit 33 suppressions de postes et un apport de 750 000 euros d’argent frais.

L’offre du groupe belge Rossel, qui prévoit 39 suppressions de postes, mais aussi un investissement de 3 millions d’euros pour développer le contenu numérique du quotidien. C’est le projet qui a plutôt les faveurs de la rédaction du journal.

L’offre de la fédération du livre (Filpac CGT) portée par 70 salariées consistant à créer une Société Coopérative d’intérêt collectif (SCIC) en conservant les 184 salariés du groupe. Ce projet a été rejeté par les journalistes.

Paris Normandie a été mis en redressement judiciaire en avril dernier. Un plan social a suivi en juin avec le départ de 31 salariés, dont 15 journalistes. Ce n’est pas la première fois que Paris Normandie affronte ce type de difficultés. En 2012, le groupe avait déjà échappé à la liquidation judiciaire avant d’être repris au groupe Hersant par Xavier Ellie

Paris Normandie et les titres qui lui sont associés (Le Havre Libre, Le Havre Presse, Le Progrès de Fécamp) doivent aujourd’hui faire face à la baisse des ventes et des recettes publicitaires.

Fondé en 1944 par des résistants, le journal est diffusé aujourd’hui à 46 000 exemplaires, soit presque trois fois moins qu’au début des années 1990. En 2015, le groupe a investi plus de 1,8 million dans une nouvelle rotative capable d’imprimer 70 000 exemplaires à l’heure.

 

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