Interview Quels sont les avantages à travailler dans une imprimerie en scop ?

Anciennement Phil'Print, l'Imprimerie Coopérative des Sucs a été reprise en scop en 2016. Un an et demi plus tard, Jean-Marc Marzona, associé et cadre au sein de la société, témoigne de son expérience dans cette nouvelle organisation d'entreprise.

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Graphiline - Vous avez créé la scop Imprimerie Coopérative des Sucs suite à la liquidation judiciaire de Phil’Print en 2016. Un an et demi plus tard, comment est l’ambiance au sein de cette nouvelle organisation ?

Jean-Marc Marzona - L’esprit coopératif marche très bien. C’est ce qui est positif dans la scop. Nous avons recruté quatre nouveaux salariés qui ont demandé tout de suite à devenir associés. Et les seize salariés déjà présents les ont acceptés aussi, ça fonctionne dans les deux sens. Nous sommes contents d’avoir des personnes compétentes qui apportent un regard nouveau.

Vous partagez les prises de décision ?

Nous avons un fonctionnement très démocratique. Par exemple pour les investissements, je choisis le matériel en concertation avec les personnes concernées, qui sont les plus compétentes. Nous allons bientôt investir dans une nouvelle presse numérique, je travaille sur ce dossier avec trois autres salariés afin de déterminer ce qui est le mieux pour nous. Je pense qu’il y a plus dans plusieurs têtes que dans une, même si à la fin c’est moi qui tranche.

Quelles sont les autres différences par rapport à une entreprise traditionnelle ?

Ce qui est très intéressant, c’est la motivation des salariés. C’est un aspect positif pour tout le monde. Que ce soit dans les prises de décision ou dans le travail, chacun fait son maximum, il n’y a pas besoin de surveillance.

Parce qu’il y a un intérêt financier pour tout le monde ?

Oui, car quand la société fait du résultat, le résultat est partageable. Nous avons pris la décision pour le premier exercice de remettre tout dans la société, nous ne nous sommes pas pris de dividendes. Mais par la suite, si la société marche bien, il y aura un partage. Dans une entreprise traditionnelle, lorsque la société marche bien, les bénéfices vont pour le dirigeant, ce qui est normal car c’est lui qui prend tous les risques. Mais dans notre organisation, nous sommes 20 à prendre les risques.

Chacun est un peu le patron d’une certaine manière ?

Chacun a une part dans la société. Le rapport est complètement différent. Les salariés ont bien compris que si nous ratons une commande ou un délai, si le client n’est pas satisfait, il y aura des répercussions pour toute l’entreprise.

Vous avez investi beaucoup d’argent, chacun personnellement ?

L’investissement personnel dans nos statuts est de 50 000 euros maximum par personne avec un minimum de 10 000 euros. Ça oscille donc entre ces deux montants.

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