Un marché publicitaire au ralenti au premier trimestre 2023

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Ce ralentissement, déjà noté au second semestre 2022, continue de se faire ressentir avec des médias qui s'en sortent mieux que d'autres et des secteurs d'activités plus ou moins dynamiques.

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L'Irep, Kantar Media et France Pub ont publié les chiffres du marché de la publicité et de la communication du premier trimestre 2023. Selon le Baromètre unifié du marché publicitaire (Bump) issu de leurs données croisées, le marché publicitaire enregistre un ralentissement sur le premier trimestre de cette année, ralentissement amorcé dès le second semestre 2022. Les recettes publicitaires nettes totales s'élèvent à 3 844 milliards d'euros pour le premier trimestre 2023, en baisse de 0,7 % par rapport au premier trimestre 2022 tout en restant supérieur à la période d'avant crise. Selon France Pub, un ralentissement du marché digital avec une progression de 3 % par rapport au premier trimestre 2022 est à noter.

Cinéma, radio et publicité extérieure s'en sortent bien

Les résultats des médias cinéma, radio et publicité extérieure sont positifs par rapport au premier trimestre 2022.
Le cinéma affiche une belle progression de 22,9 % et comble petit à petit son retard par rapport à 2019.
La publicité extérieure, en hausse de 5,9 %, confirme son rattrapage. Le segment DOOH (Digital out-of-home) ou publicité extérieure numérique continue de augmenter (+ 9,1 %).
La radio progresse peu et reste stable par rapport à 2019.

Télévision, presse, courrier publicitaire et imprimés sans adresse chutent

La télévision recule de 7,2 % par rapport au premier trimestre 2022.
L'ensemble de la presse enregistre une baisse de 4,1 % par rapport à la même période et creuse encore l'écart avec le premier trimestre 2019.
Le courrier publicitaire affiche - 11,3 %.
Même si le prospectus digital caracole en tête des résultats avec une progression de 80,9 % par rapport au premier trimestre 2022, les imprimés sans adresse montrent une baisse de 12,4 % sur la même période.

Des annonceurs plus ou moins nombreux

Au premier trimestre 2023, le marché publicitaire totalise 33 012 annonceurs, selon Bump, soit une baisse de 10,6 % par rapport au premier trimestre 2022.

La télévision, avec moins d'annonceurs (- 3,9 %), atteint cependant un volume publicitaire légèrement supérieur à celui du premier trimestre 2022.
Le cinéma affiche quant à lui une belle croissance de son portefeuille avec + 12,8 %.
La radio n'arrive pas à retrouver son portefeuille d'avant crise et les - 6,2 % enregistrés sur le premier trimestre n'ont pas arrangé les choses.
La presse perd également des annonceurs, - 5,4 %.
La publicité extérieure semble plus chanceuse avec une augmentation de 0,7 %.

Des secteurs dynamiques et des secteurs qui souffrent, tous médias confondus

Question secteur, la distribution, avec 18,9 % du marché cross médias, continue de progresser, enregistrant + 5 % par rapport au premier trimestre 2022 et surtout + 62 % par rapport à 2019.
La mode, 9,1 % du marché, est en hausse de 16 % pour ce premier trimestre.
Le tourisme restauration reprend des couleurs avec + 55 % de hausse.
L'automobile recommence à communiquer et affiche une croissance de + 8 %.

Les établissements financiers, les services, la beauté et l'alimentation n'enregistrent pas de bons résultats sur ce premier trimestre et chutent.

Les prévisions 2023 du marché de la communication

Les dernières analyses de conjoncture INSEE et Banque de France indiquent une amélioration des perspectives économiques.
Le marché de la communication devrait atteindre, selon France Pub, 33,5 milliards d'euros en 2023, soit + 2,4 % par rapport à 2022.
Les dépenses des cinq médias diminueraient de 0,8 % et le digital devrait continuer sa croissance modérée, soit + 5,6 %.

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