À Paris comme à Bruxelles, l'accord UE-Mercosur reste explosif côté agricole, accusé de fragiliser les filières face aux productions sud-américaines. Mais dans d'autres secteurs, cet accord pourrait bien être profitable au secteur et pourrait même être, pour les arts graphiques, "le plus important accord commercial formel jamais conclu par l'UE", selon La Confédération des industries papetières européennes Cepi.
Droits de douane : ce que Cepi met en avant
L'organisation papetière se réjouit en effet de la disparition annoncée de barrières tarifaires qui faciliterait les exportations européennes de pâte, papier, carton et produits connexes vers l'Amérique du Sud et appelle, dans un communiqué, le Parlement européen à ratifier l'accord de partenariat UE-Mercosur.
Le texte prévoit de supprimer des droits de douane sur plus de 90 % des biens échangés entre l'Union européenne et les pays du Mercosur, notamment sur 85 % de la pâte et sur 90 % des exportations européennes de papier et carton vers le Mercosur.
Un accord qui rééquilibrerait les échanges avec ces pays en place depuis 20 ans
Selon la Cepi, ces changements permettraient de rééquilibrer une relation commerciale bancale : depuis 2004, l'Union européenne a supprimé ses droits à l'importation sur la pâte, le papier, le carton et des produits connexes, y compris en provenance du Mercosur, tandis que les pays du Mercosur maintiennent des droits élevés sur les exportations européennes.
Elle rappelle que l'Europe est un exportateur net de papiers et de cartons de haute qualité à l'échelle mondiale, mais elle importe également une quantité importante de pâte à papier commerciale en provenance du Mercosur, une matière première essentielle à la fabrication du papier. Et étant donné que l'UE a déjà supprimé ses droits de douane, cet accord ne devrait pas entraîner d'augmentation des importations de pâte à papier et de papier en provenance des pays du Mercosur.
Et cet accord serait le bienvenu dans le contexte actuel. Il donnerait un bol d'air à la filière après le durcissement des échanges entre l'Union européenne et les États-Unis.
L'aspect durabilité sous surveillance
Au-delà des droits de douane, la Cepi applaudit le chapitre Trade and Sustainable Development et son annexe annoncés comme juridiquement contraignante. Le texte fixe des engagements pour stopper la déforestation et prévoit un renforcement de la coopération sur des chaînes d'approvisionnement durables.
L'organisation professionnelle ajoute que ces dispositions devront être appliquées et contrôlées strictement, afin de garantir le respect des normes environnementales et sociales.
"L'industrie européenne de la pâte et du papier croit aux principes du libre-échange et de la concurrence loyale, mais pas seulement. Nous ne transigeons pas sur nos principes de durabilité et préférons échanger et concurrencer des acteurs qui respectent les mêmes règles climatiques, environnementales et sociales que nous" déclare le directeur général de Cepi, Jori Ringman.







