Coup de théâtre ! La direction de Fibre Excellence retire son offre de reprise. Le groupe papetier choisit de s'effacer pour laisser la place à un nouvel investisseur, dans l'espoir de sécuriser l'avenir du groupe placé en redressement judiciaire et ses 700 salariés.
Faute de candidat, le producteur de pâte à papier pour papier d'impression écriture, produits d'hygiène, emballages avait déposé le 1er juin un dossier auprès du tribunal de Commerce de Toulouse couvrant l'ensemble des activités du groupe, soit les usines de pâte à papier de Tarascon dans les Bouches-du-Rhône et de Saint-Gaudens en Haute-Garonne, la papeterie à l'arrêt Chapelle Darblay à Grand-Couronne en Seine-Maritime et les sociétés forestières Sebso et Enviroforesterie.
Aujourd'hui, le contexte a changé. Il y a quelques jours on apprenait qu'un nouvel acteur qualifié d'"investisseur de renom" par la direction était intéressé par la reprise du groupe. Selon plusieurs sources proches du dossier citées par l'AFP, il s'agit du financier et banquier d'affaires Matthieu Pigasse, qui a déposé une lettre d'intention à titre personnel.
Son arrivée est suffisamment prise au sérieux pour conduire le tribunal à reporter au 6 juillet l'examen du dossier. Lors de l'audience du 17 juin, Fibre Excellence indiquait déjà que la mobilisation de ce nouvel investisseur permettait d'envisager soit un renforcement du projet de reprise porté par la direction, soit le dépôt d'une nouvelle offre.
Cinq jours plus tard, la direction a donc choisi de retirer son propre projet. Dans un communiqué, le fabricant papetier explique répondre ainsi aux attentes exprimées par l'État et plusieurs parties prenantes sur la nécessité d'une nouvelle gouvernance.
"Je fais donc le choix de la responsabilité pour permettre l'instauration d'une nouvelle gouvernance demandée par les partenaires publics et syndicaux et faciliter ainsi l'émergence d'une solution pérenne pour notre groupe, déclare Jean-François Guillot, président de Fibre Excellence. Convaincus de l'importance de Fibre Excellence pour la souveraineté industrielle française, la direction et moi-même continuerons à faciliter toute solution permettant de sauver les emplois et de garantir la pérennité des activités papetières et forestières."
Le dirigeant souligne également que les travaux menés depuis le début de la procédure de conciliation, en novembre 2025, ont permis de faire progresser plusieurs dossiers jugés essentiels pour l'avenir du groupe, "ouvrant ainsi la voie à des solutions concrètes pour envisager le maintien, la pérennité et le développement de l'activité du groupe".









