Dans l'atelier de Charlène, relieuse à la Charité-sur-Loire (58)

À 25 ans, Charlène Sanchez exerce sa passion pour la reliure dans la petite ville de La Charité-sur-Loire en Bourgogne. Nous l'avons rencontrée dans son atelier.

Pour Charlène, la reliure a commencé comme un rêve d’enfant. À huit ans, elle tenait son premier livre ancien dans les mains, un livre un peu "pourri", qu’elle décida de réparer comme elle le pouvait. À l’époque, elle ne savait pas encore que c’était un métier. Les années ont passé et Charlène a fait de sa passion son activité professionnelle. Nous l’avons rencontrée dans son atelier-boutique à la Charité-sur-Loire (58).

Comment es-tu devenue relieuse ?

Charlène Sanchez - Quand j’étais petite, j’ai découvert la Charité-sur-Loire car mes grands-parents habitent juste à côté. Je devais avoir peut être huit ans ou quelque chose comme ça, et il y avait déjà des foires aux livres. Pourtant ça remonte à une époque où La Charité n’était pas encore "ville du livre". J’aimais bien bricoler chez moi et je suis tombée un peu amoureuse des livres, mais des livres pourris, vraiment moisis, destroy…

J’avais dit à ma mère : "achète-moi ce livre-là" ; elle m’avait répondu "mais qu’est-ce que tu vas faire de ce livre ? - Ben je sais pas, je vais le réparer…" et puis j’ai grandi et je savais pas du tout que ce métier existait. Mes parents sont fonctionnaires, ils sont pas du tout dans le monde artisanal, du coup ils n’y connaissaient rien du tout.

Quand on a emménagé à Paris, j’ai trouvé une école de reliure et là je me suis dit ; c’est fou parce que toute ma jeunesse j’ai réparé des bouquins sans savoir comment on faisait… et puis je suis tombé sur cette école, je me suis mis un peu à dos mes parents parce qu’ils voulaient que je fasse des études générales et moi je voulais pas, je voulais vraiment faire ça. Après mes études, je suis revenu à La Charité parce que je voulais revenir aux sources. J’avais ma place ici en tant que métier du livre (La Charité-sur-Loire est depuis 2000 ville du livre et cité du mot, elle compte une dizaine de libraires).

Tu as fait quelle école pour apprendre ton métier ?

CS - Tolbiac, dans le 13e arrondissement (Paris). Il y a deux écoles publiques en France qui préparent au CAP reliure, c’est Tolbiac à Paris et Lisieux en Normandie. Après il y a beaucoup plus d’écoles privées, il y en a une à Tour, qui était avant à Orléans, une au Vésinet, à Versailles, une en Bourgogne à Semur-en-Auxois, il y en a un peu partout, je dois en oublier, je cite celles qui sont le plus connues. Ça, c’est pour le CAP, après y a le DMA (diplôme des métiers d’art) qui est passé à l’école Estienne à Paris. Là, c’est pour la reliure d’art, vraiment très contemporaine.

Moi je suis dans la tradition… Pourtant je me suis fait engueuler par mes profs, ils voulaient absolument que je fasse de la reliure d’art parce que j’avais le niveau. J’ai dit non ; moi je veux pas faire de la création de reliure. Pour moi le livre c’est vraiment une tradition, donc c’était soit de la restauration soit de la reliure très traditionnelle.

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