Dans l'atelier de Charlène, relieuse aux techniques traditionnelles

Rencontre avec Charlène Sanchez, relieuse à La-Charité-sur-Loire (58).

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Quelles sont les techniques que tu utilises ?

CS - Pour la reliure, c’est vraiment très compliqué car il y a 72 étapes dans une reliure. On utilise du papier, qui peut être fait par un marbreur, de la toile, ce que les gens appellent plus du tissu et puis après il y a le cuir. On utilise plusieurs machines, plusieurs matériaux, plusieurs colles, plusieurs outils, c’est assez complexe. À chaque étape, il y a un nouveau pinceau, une nouvelle colle, faut mettre sous poids, faut mettre en presse, faut couper à la cisaille…

Toutes les techniques que j’utilise sont traditionnelles, il n’y a aucune machine mécanisée. Le seul produit chimique que j’utilise, c’est la colle. Avant c’était la colle de poisson, maintenant on s’est un peu amélioré à ce niveau, mais sinon, ce ne sont que des techniques artisanales.

Pour la restauration, c’est exactement pareil sauf qu’on utilise un peu plus de produits chimiques, surtout pour la restauration de documents graphiques. La restauration de documents graphiques, c’est fait dans des bains chimiques, soit la javel, soit au permanganate. C’est neutralisé tout ça. Et puis pour la restauration de livres, on remet du nouveau cuir en dessous de l’ancien, on fait des reprises de teintes, pour revenir à la couleur d’origine, avec des petites teintures pour soie, voilà.

Des teintures pour soie ?

CS - Oui c’est de la teinture pour soie qu’on utilise. Après il y a l’aquarelle, l’acrylique, le pastel, les feutres. La teinture pour soie, c’est celle qui a des propriétés chimiques qui vont le mieux avec le cuir. Même si le cuir c’est assez épais et que la soie c’est très fin, ça va très bien ensemble. On pourrait pas utiliser une teinture pour cuir par exemple, qui est une espèce de pâte.

Presse 18ème
Cisaille 18ème

Qui sont tes clients ?

Il y a un peu de tout, j’ai des particuliers, qui me demandent de restaurer par exemple La Cuisine de Tante Marie, après j’ai des collectionneurs, des bibliophiles et aussi des administrations. Par exemple là je travaille pour la bibliothèque d’Issoudun. Pendant longtemps, les administrations n’étaient que sur le marché public, mais elles ont compris que les petits artisans ils ne répondaient pas au marché public donc maintenant elles font des appels d’offres et elles font travailler les petits artisans. Pas partout bien sûr, la Mairie de Paris ne le fait pas, mais dans les petites communes ça se fait.

Reportage : Portrait de Charlène, relieuse

Dans l'atelier de Charlène, relieuse à la Charité-sur-Loire (58)

Dans l'atelier de Charlène, relieuse par passion

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