Deux secteurs qui utilisent encore principalement des encres à base minérale

La migration des huiles minérales vers les emballages, un problème de recyclage.

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Les grandes surfaces s’attaquent au problème de la migration des huiles minérales dans les emballages alimentaires. En cause, non pas les encres utilisées dans le secteur du packaging, mais les fibres utilisées dans la boucle de recyclage.

Chez Huber France, numéro 1 en France dans la production d’encres offset, 80 % des ventes d’encres sont des encres à base végétale (principalement du lin ou du soja).

Deux secteurs qui utilisent encore principalement des encres à base minérales

"Le secteur qui est encore aujourd’hui beaucoup impacté par les huiles minérales est tout ce qui est rotatif, coldset pour les journaux ou heatset pour les magazines. Ce sont deux grands secteurs où vous avez encore presque uniquement des encres à base minérale", explique Hélène Bassols, Responsable Technique et QSE chez Huber France.

Le problème intervient au moment où les journaux et magazines sont recyclés et se retrouvent dans les matériaux d’emballages.

Pour Hélène Bassols, la polémique autour des huiles minérales vient plus des matériaux papier carton utilisés par le biais du recyclage que des encres en elle-même. "Tous les fabricants d’encres ont aujourd’hui des gammes pour emballages alimentaires dans lesquelles il n’y a aucune huile minérale", précise-t-elle.

Peut-on imaginer que les encres roto à base végétale se développent ? Oui, mais pas dans l’immédiat. Si les demandes sont régulières, elles restent minimes, souligne Hélène Bassols. Ce sont deux secteurs où les prix sont tirés vers le bas et où les imprimeurs ont moins de marge, précise-t-elle.

Des encres à base végétales moins adaptées et qui coûtent plus cher

"Il y a une question de prix et de technique puisque l’encre pour journal ne sèche pas, elle pénètre, et les caractéristiques de pénétration ne sont pas les mêmes entre une huile minérale et une huile végétale", poursuit Hélène Bassols.

Des difficultés techniques qui se rencontrent aussi dans l’impression de magazines : "ce sont des rotatives avec sécheur, et donc les huiles minérales contenues dans l’encre s’évaporent dans le sécheur pour permettre le séchage de l’encre. Si vous remplacez les huiles minérales par des huiles végétales, l’évaporation est plus dure à réaliser, les propriétés de séchage sont moins bonnes, et donc l’imprimeur est obligé de rouler moins vite." Au final, l’imprimeur perd en productivité et l’encre lui coûte plus cher.

Le contexte n’est pour l’instant pas propice au développement des encres à base végétales pour l’impression de journaux et magazines. "À moins qu’il y ait une très forte pression environnementale, ou que les prix entre les matières végétales, le pétrole, et les huiles minérales basculent, pour l’instant on n’est pas encore dans une phase favorable pour des encres roto à base végétale", conclut Hélène Bassols.

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