Les imprimeurs appelés à se mobiliser contre l'exploitation forestière illégale

Le règlement européen sur le bois vise à lutter contre l'exploitation forestière illégale. Or, si les produits imprimés en Europe sont couverts par le règlement, le papier étant dans le champ d'application, les produits imprimés importés ne le sont pas.

Le

Appel à la mobilisation de tous les imprimeurs pour une meilleure réglementation sur les produits dérivés du bois.

La Commission européenne a ouvert une consultation publique sur l’extension du champ d’application aux produits dérivés du bois qui ne sont pas encore couverts, comme les produits imprimés.

L’Union Nationale des Industries de l’Impression et de la Communication (Uniic) et la fédération européenne de l’imprimerie et de la communication numérique (Intergarf) appellent à une forte mobilisation des professionnels du secteur.

Qu’est-ce que dit le Règlement sur le Bois de l’Union européenne ?

Le Règlement sur le Bois de l’Union européenne (RBUE), en vigueur depuis 2013, vise à écarter du marché européen le bois et les produits dérivés issus d’une récolte illégale.

Ce règlement couvre notamment la papeterie, les meubles et les constructions préfabriquées, mais il ne couvre pas les produits imprimés.

Cependant, les imprimeurs installés dans l’Union européenne sont soumis à l’obligation de traçabilité pour le papier qu’ils achètent et fournissent donc à leurs clients des produits imprimés protégés contre l’exploitation illégale.

Par contre, les produits imprimés importés qui entrent sur le marché européen ne relèvent pas du champ d’application du règlement. Ils peuvent donc provenir de forêts exploitées illégalement.

La conséquence de ce système est que les imprimeurs installés en dehors de l’UE - dans des pays qui n’appliquent pas une législation équivalente - peuvent importer librement des produits imprimés quelle que soit l’origine de leur matière première.

Lacune environnementale et distorsion de la concurrence

"Cela crée non seulement une lacune environnementale importante, mais aussi une énorme distorsion de la concurrence entre les imprimeurs non européens, exempts de toute exigence à cet égard, et les imprimeurs européens", explique les deux organisations dans un communiqué commun.

Selon les estimations d’Intergraf, plus de 1,35 milliard d’euros de produits imprimés importés sur le marché européen pourraient provenir d’une origine dangereuse. À titre d’exemple, les importations européennes de produits imprimés en provenance de Chine ont quadruplé au cours des quinze dernières années.

Face à ce vide juridique, l’Uniic et Intergarf appellent l’ensemble du secteur à se mobiliser afin que "tous les produits imprimés sur le marché européen soient à l’abri de l’exploitation illégale."

La consultation est disponible dans 23 langues européennes et est ouverte jusqu’au 24 avril 2018. Contactez l’Uniic ou Intergraf pour obtenir des arguments et des données supplémentaires.

Vos réactions
Ajouter un commentaire...


Recevoir l'actualité par email avec Graphiline Hebdo

Inscrivez-vous à notre Newsletter hebdo RECEVOIR GRAPHILINE HEBDO

Suivre l'actualité
des Arts Graphiques
Recevoir l'actualité gratuitement par email RECEVOIR GRAPHILINE HEBDO