L'imprimerie de la prison de Caen en sursis

Ce programme de réinsertion unique en France forme les détenus de la prison de Caen aux métiers de l'imprimerie.

Le
Jean-Baptiste Delaby, président de l'Artec, dans l'imprimerie de la prison de Caen.

L’imprimerie de la prison de Caen est en sursis jusqu’à la rentrée. Ce programme de réinsertion mené par l’Association Artec forme les détenus aux métiers de l’imprimerie depuis 1985.

Mais cette année, l’imprimerie a été coupée de subventions (lire l'article Privée de subvention, l'imprimerie pour détenus va peut-être fermer). Pour survivre, l’association doit trouver 45 000 euros.

Un appel aux dons est en ligne

"L’appel aux dons qui a été lancé n’a pas donné les résultats escomptés", explique Philippe Quesney, encadrant au sein de l’imprimerie. Pour l’heure, un peu plus de 5 000 euros ont été récoltés. Quelques parlementaires, qui soutiennent l’association depuis longtemps, ont participé aux dons.

L’ancien ministre de la justice Robert Badinter, surtout connu pour son combat contre la peine de mort, a manifesté son soutien à l’association dont il a été à l’origine dans les années 1980. L’appel aux dons est toujours en ligne sur ce lien.

"L’imprimerie arrive à tenir pour l’instant grâce à quelques nouvelles commandes qui sont tombées, même s’il y a une baisse d’activité en ce moment due aux vacances. Nous avons encore quelques commandes à la rentrée mais d’ici fin septembre nous devons impérativement trouver une solution."

Le 14 septembre, le responsable de l’Artec a rendez-vous au tribunal de commerce avec un juge pour une conciliation. Les coûts les plus importants de l’imprimerie sont la location de deux presses numériques pour environ 40 000 euros par ans, précise Philippe Quesney.

L’imprimerie possède également deux presses offset Ryobi : une 4 couleurs (la quadri est nécessaire pour présenter le bac pro) et une monochrome.

Les trois candidats de cette année ont eu leur BEP

L’imprimerie de la prison de Caen produit des dépliants, brochures, affiches, calendriers, cartes de visite, faire-parts et livres, pour une clientèle composée d’associations et de particuliers.

Comme ses confrères, elle souffre des difficultés du marché, mais contrairement à eux, elle n’a pas vocation à être rentable. Car elle est avant tout un programme de formation professionnelle et de préparation à la réinsertion.

"Début juillet, nous avons eu les résultats de trois opérateurs qui ont passé le BEP cette année. Les trois ont été reçus. L’un des candidats en production imprimée a notamment obtenu un 20/20."

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