Taag (91) et Frontère (64) sombrent... seules sans aucun capitaine

Les deux imprimeries sont placées en redressement judiciaire, les directeurs ont quitté le navire avant.

Depuis lundi, l’imprimerie Taag, 38 salariés, est en redressement judiciaire, ainsi que l'imprimerie Frontère, 22 salariés. En période d’observation pour un mois. La direction a déserté les lieux, laissant les employés gérer les affaires courantes.

Mi-avril, la société Taag, située à Grigny dans l’Essonne, avait repêché l’imprimerie familiale Frontère située à Salies-de-Béarn dans les Pyrénées-Atlantiques, alors en redressement judiciaire depuis 2013. Cette reprise avait permis à 22 salariés sur 38 de garder leurs emplois.

Mais elle aurait aussi précipité la chute de Taag...

Un ″achat inconsidéré″ pour le délégué syndical de Taag, Jean-Pierre Costanza. ″C’est une catastrophe, c’est manifeste. On se retrouve au tribunal mais c’est la suite logique... On n’avait pas d’argent, on avait le couteau sous la gorge. Et il achète une boite à 200 000 euros ! On avait déjà subi des licenciements, on avait une perte de chiffre d'affaires et en plus, une autre perte qui était prévisible (un marché perdu estimé à 600 000 euros, NDLR)″

Dans ce naufrage, plusieurs salariés des deux sites mettent directement en cause les directeurs.

Deux mois après la reprise de Frontére, les machines de l’imprimerie de Salies-de-Béarn ont été vendues. ″Tout ça pour payer les salaires.″ Des machines qu’il n’aurait pas eu le droit de vendre, l’accord avec le tribunal stipulant que la vente de matériels ne devait servir qu’à en racheter.

Pour Jean-Pierre Costanza, la gestion du groupe a été catastrophique : ″Je n’ai jamais vu une gestion d’entreprise aussi calamiteuse au niveau management humain, technique et autre.″

Dans le Béarn, le directeur de Frontère David Rubin, a été licencié début août. ″David Rubin devait ramener 1 million de chiffre d’affaires. Mais en 6 mois il n’a rien ramené.″

Frank Bohin, le directeur général, est parti le 3 septembre. Il s’est ″autolicencié″ d’après ses anciens salariés.
Les salariés se retrouvent donc seuls à la barre de ce navire en perdition.

De plus, la maison-mère, Research Solutions, est une compagnie américaine, et l’éloignement et les différences dans les procédures judiciaires compliquent énormément les choses.

En période d’observation pendant un mois, le prochain rendez-vous au tribunal d'Evry est le 3 octobre pour faire le point sur les progrès du groupe...

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