L'appel aux dons, la dernière chance pour l'imprimerie de détenus à Caen

Privé de subventions, l'imprimerie de la prison de Caen qui forme depuis 1985 les détenus aux métiers de l'imprimerie doit trouver 45 000 euros d'ici la fin du mois de juin, faute de quoi elle mettra la clé sous la porte.

Coupée de subventions, l’imprimerie de formation doit trouver 45 000 euros d’ici fin juin

L’imprimerie de la prison de Caen fermera-t-elle cet été ? Face à une situation financière impossible, l’association Artec, qui favorise la réinsertion des détenus depuis 1985 avec cet atelier d’imprimerie, lance un ultime appel. L’association doit trouver 45 000 euros d’ici la fin du mois de juin 2018, faute de quoi elle mettra la clé sous la porte.

Comme nous l’expliquions dans un article publié en février dernier, ce programme de réinsertion des prisonniers est financé à 40 % par le conseil régional qui verse chaque année 45 000 euros de subventions. Les 60 % restants du budget de l’atelier proviennent de sa propre production.

Mais cette année, les élus ont décidé de couper les subventions, estimant que l’Artec, en tant que prestataire de formation, devait être soumise à la concurrence des marchés publics. Or la région n’a pas lancé d’appel d’offres.

Autre raison avancée par la région : l’imprimerie est un secteur en difficulté, ça ne vaut donc pas la peine de former des personnes à ces métiers, explique Jean-Baptiste Delaby, président de l’Artec.

Jean-Baptiste Delaby, président de l'Artec.

Le soutien de Robert Badinter

L’ancien ministre de la justice Robert Badinter, surtout connu pour combat contre la peine de mort, a manifesté son soutien à l’association dont il a été à l’origine dans les années 1980. Cité par actu.fr Normandie, il a expliqué déplorer et s’émouvoir de la situation de l’Artec "qui rend de très grands services pour la réinsertion, dont nous avons tant besoin dans notre pays".

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Annick Caboco - 22 Mai 2018
L'imprimerie, lorsqu'on se passionne par ce qu'on produit, on lit, on se cultive, en tout, on grandit chaque jour, c'est déjà une insertion, et par conséquent sûrement une réinsertion. Quel dommage, les imprimeries cherchent toujours du personnel compétent et volontaire, car l'imprimerie est un métier stressant.
Etienne Louis - 30 Mai 2018
Ne pas oublier qu'ils prennent des commandes qui seraient fait par un imprimeur "normal"Tous ces travaux fais en prison nuisent au professionnel quel qui soit.
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