Les imprimeries étaient à l'honneur pendant plusieurs jours dans les médias généralistes. Alors qu'elles ont carburé pour imprimer les tracts, professions de foi, bulletins et affiches des élections municipales dans les temps impartis, les téléspectateurs et les lecteurs ont pu découvrir les ateliers et les presses rotatives.
"Première fois en 45 ans que je vois ça" pour l'imprimerie SPI
Il faut dire que cette année, les délais d'impression de ces élections qui ont lieu tous les six ans sont particulièrement serrés. Dans certaines communes, les imprimeurs n'avaient que 72 h pour imprimer des centaines de milliers de pages.
Sur Europe 1, Gérard Baude, dirigeant de l'imprimerie SPI, témoignait : "C'est la première fois en 45 ans que je vois ça. Il y avait encore des candidats qui cherchaient hier soir des imprimeurs. Travailler dans ces conditions, c'est quand même un peu complexe (…) Les candidats arrivent au dernier moment et ils ont ces dates butoirs, donc nous, on est un peu pris à la gorge."
Des millions d'imprimés en quelques jours
À Valence, dans la Drôme, l'imprimerie Despesse a dû produire environ trois millions d'imprimés en quarante-huit heures pour une cinquantaine de candidats situés à Valence, à Lyon ou encore en région parisienne.
"On augmente nos heures de travail journalières. Et nous venons travailler le samedi et le dimanche", expliquait sur France 3 Pascal Descarpentiers, responsable d'atelier. "À chaque fois, c'est toujours du sport. (…) Mais dans ce métier, on a l'habitude d'aller vite, ce n'est pas trop un problème,", souligne le directeur général de l'entreprise, Jean-Jérôme Despesse.
Ces commandes représentent environ 10 % de chiffre d'affaires mensuel supplémentaire pour l'imprimerie Despesse.
À l'imprimerie Goubault, à La Chapelle-sur-Erdre, 500 000 documents et affiches ont été imprimés en une semaine. Sur France Bleu, Lina Rizk, directrice associée de l'entreprise d'impression, souligne : "Nous sommes une entreprise locale, il est important pour nous de participer à la vie locale à travers ces élections. C'est également un signe de confiance de voir que vingt listes travaillent avec nous."
Le quotidien régional La Nouvelle République s'est aussi rendu à l'Imprimerie Medi6. Son dirigeant, Alain Deville Chabrolle raconte devoir répondre en permanence aux inquiétudes des candidats. Interrompu par un appel téléphonique pendant l'interview, il rassure son interlocuteur : "Ne vous inquiétez pas, je suis le pompier de service."
Un atelier au 20 h de TF1
Cette activité intense attire aussi les caméras. Le journal de 20 heures de TF1 du jeudi 26 février s'est rendu chez Nord'Imprim. Les 49 salariés de l'entreprise située à Steenvoorde, dans le Nord, ont travaillé pour près de 200 candidats. "On va s'adapter, on va essayer d'avancer au maximum", expliquait le directeur, Ludovic de Kerizouët.
Les équipes sont mobilisées aussi le dimanche. "Pas de grasse mat, on est au charbon. Là c'est sûr, on sait pourquoi on travaille. Merci la politique !", plaisante Laurent Lévêque, massicotier venu exceptionnellement travailler un dimanche.
Et la responsable qualité, Vanessa Cuer Delassus, profite des caméras pour rappeler l'importance du papier dans le processus électoral : "Dans les petits villages, dans les petites communes de moins de 1000 habitants, par exemple, ils n'ont pas tous accès aux réseaux sociaux ou à internet. Quand on reçoit un papier dans sa boîte aux lettres, c'est impactant, c'est marquant. On peut le lire, le relire plusieurs fois."
Les imprimeurs déjà tournés vers le second tour
Bézin Haller du groupe Anorfi à Chalon-sur-Saône et Montchanin en Saône-et-Loire ou encore l'imprimerie IC4 en Normandie ont également été mis en lumière par la presse.
Partout, les équipes ont travaillé pour livrer les documents du premier tour dans les délais. Mais les imprimeurs savent déjà que la cadence ne retombera pas immédiatement. Tous préparent déjà la production du second tour des élections municipales, prévu le dimanche 22 mars.









